« Quand on envisage de durcir la politique pénale, on oublie l’essence même de la situation actuelle », a déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. Elle insiste sur la nécessité d’une approche globale qui intègre des aspects fondamentaux comme l'éducation sexuelle et la lutte contre la culture du viol.
Lors d'une récente interview sur France Inter, Braun-Pivet a exprimé ses réserves face aux mesures proposées par les ministres du gouvernement et certains représentants de la droite. Elle a déclaré qu’un renforcement des peines, y compris la perpétuité pour les violeurs en série, n’était pas la solution adéquate. De nombreux experts, comme le sociologue Michel Fize, s'accordent sur l'idée que la pénalisation ne doit pas occulter des problématiques plus larges, telles que l'accompagnement des victimes.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a proposé des peines aggravées pour les crimes à l'encontre des mineurs, une initiative qui doit être discutée lors du prochain projet de loi relatif à la protection de l'enfance prévu pour juillet. Cependant, Braun-Pivet met en garde contre une dérive qui pourrait mener à négliger les besoins cruciaux des enfants en danger, souvent laissés sans assistance adéquate.
La ministre Aurore Bergé a également suggéré d’inscrire l’imprescriptibilité des violences sexuelles envers les mineurs dans la loi. Toutefois, Braun-Pivet s'est montrée sceptique, soulignant les défis liés à la preuve dans les affaires anciennes où les éléments de preuve sont souvent absents. Par ailleurs, elle a critiqué la suggestion de castration chimique avancée par Bruno Retailleau, la qualifiant de « mauvaise réponse ».
Sur le sujet des instructions individuelles du garde des Sceaux, un retour à cette pratique, abrogée en 2013, a été proposé par Édouard Philippe. Braun-Pivet a rétorqué que cela compromettrait l'indépendance essentielle des magistrats. Elle a martelé : « Les magistrats doivent être indépendants pour garantir l'intégrité de notre État de droit ».
Alors que l'affaire Lyhanna suscite de vifs débats, il est crucial de réfléchir aux implications d'une politique pénale qui ne doit pas sacrifier la protection des plus vulnérables au profit de mesures répressives.







