“Pas de répit. Depuis l’aube, les raids israéliens n’ont pas faibli,” rapporte ce matin le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, alors qu'Israël intensifie sa campagne militaire contre le Hezbollah. L'objectif semble être de dépasser la "ligne jaune" établie dans le sud du Liban, alors que des discussions cruciales entre Washington et Téhéran sont en cours.

Au cours de la journée de mardi, plus de 120 frappes aériennes ont visé le sud du Liban, touchant particulièrement les régions de Nabatieh et Tyr, des bastions du Hezbollah. Le bilan tragique se chiffre à au moins 31 morts, dont quatre enfants, selon des sources officielles. À ce jour, près de 3 200 personnes auraient perdu la vie depuis le début du conflit, d'après le ministère de la Santé libanais.

Cette escalade soudaine fait écho aux déclarations belliqueuses du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui a récemment appelé à "accélérer" les frappes contre le Hezbollah, coïncidant avec des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran visant à mettre un terme aux hostilités au Moyen-Orient.

Multiples ordres d’évacuation et combats rapprochés

Bien que les Forces de défense israéliennes (Tsahal) aient effectué des frappes régulières depuis un cessez-le-feu signé le 16 avril, celles-ci étaient davantage concentrées et moins fréquentes. Le Hezbollah, de son côté, a répondu avec des attaques de drones, certaines atteignant la zone occupée par Israël, d'autres ciblant des villes israéliennes.

Aujourd'hui, les tensions ont atteint un nouveau seuil. “En moins de trois heures, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation de plus de 50 villages du Liban-Sud, y compris la ville de Nabatieh, pour la première fois depuis le 16 avril,” note Ha’Aretz.

Ces évacuations ont provoqué une panique générale, selon la BBC, poussant de nombreux habitants à fuir, alors qu'environ un million de personnes, soit près d'un quart de la population, ont déjà été déplacées en raison des hostilités depuis le 2 mars.

Dans le même temps, l'armée israélienne a effectué plusieurs incursions dans de nouveaux villages, avec “des combats rapprochés ayant été signalés à Zaoutar El-Charqiyé, au nord du Litani, en dehors de la zone tampon,” selon L’Orient-Le Jour.

Dissocier le front libanais de celui de l’Iran ?

Un des objectifs stratégiques d'Israël est d'élargir les zones qu'il contrôle dans le sud du Liban pour empêcher les drones hostiles d'atteindre les villages frontaliers. Au-delà, l'opération vise surtout à dissocier le front libanais de celui de l'Iran, un message destiné à Téhéran en période de négociations avec les États-Unis.

Selon les médias israéliens, cette intensification des opérations israéliennes aurait reçu l'aval de Washington, qui a cependant exprimé des réserves concernant d'éventuelles frappes sur Beyrouth, par crainte de compromettre les discussions en cours avec l'Iran, comme l'a rapporté The Times of Israel.

Parallèlement, les États-Unis parrainent des négociations directes entre le Liban et Israël, distinctes des discussions diplomatiques liées au conflit iranien. Une nouvelle réunion entre responsables israéliens et libanais est prévue à Washington les 2 et 3 juin, précédée par des pourparlers militaires au Pentagone le 29 mai.