L’Église catholique philippine, en collaboration avec des organisations civiles, a lancé le 27 mai une « commission de la vérité » dédiée à l’examen des violences liées à la « guerre contre la drogue » orchestrée par l'ancien président Rodrigo Duterte. Cette démarche survient en anticipation d'un procès prévu pour le 30 novembre, où Duterte sera jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.
La « Commission vérité et réconciliation des Philippines », dirigée par Raul Pangalangan, un ancien juge de la CPI, a pour but d’établir un « dossier public crédible » sur les exécutions extrajudiciaires et les abus commis durant cette campagne violente. Comme le souligne Le Monde, la guerre menée par Duterte a engendré des milliers de morts, souvent sans autre forme de procès.
La commission, composée de cinq membres, s’apprête à débuter des audiences publiques cet été. Son objectif : « recueillir les histoires des survivants, recommander des mesures pour établir les responsabilités et définir des réformes institutionnelles pour prévenir de futures violences », a-t-elle expliqué dans un communiqué. Pangalangan a révélé : « Notre objectif est d’entendre les victimes et d’établir la vérité ». Selon lui, l'implication active des victimes est essentielle pour garantir une justice effective.
Jusqu’à 30 000 personnes tuées
Des ONG de défense des droits de l'homme estiment que la guerre contre la drogue a causé entre 20 000 et 30 000 décès à travers tout le pays. La police nationale, quant à elle, a admis avoir tué plus de 6 000 individus dans des opérations jugées « en état de légitime défense ».
Bien que l'exécutif philippin ne participe pas à cette enquête, le cardinal Pablo David a informé que le gouvernement pourrait utiliser les éléments de preuve collectés pour poursuivre d'éventuels responsables. Cela offre une lueur d'espoir pour de nombreuses victimes qui ont réclamé justice pendant des années.
En parallèle, une chasse à l'homme est en cours pour retrouver Ronald Dela Rosa, l’ancien chef de la police durant le mandat de Duterte, qui a récemment échappé à une arrestation. La commission de la vérité est également composée d’experts tels que Raquel Fortun, médecin légiste, et Carlos Conde, ancien chercheur pour Human Rights Watch, dont les contributions seront cruciales pour éclaircir cette sombre période de l’histoire philippine.







