Après un semestre de réflexions intenses et des auditions multiples, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public a présenté son rapport le 5 mai. Son auteur, Charles Alloncle, y émet 69 recommandations, dont une fusion entre France 2 et France 5. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a regretté que ce document ne traite pas des enjeux majeurs de la question.
Ce rapport, qui fait déjà des vagues dans les médias et le monde politique, s’étend sur 551 pages et prône une approche d’austérité : il suggère la suppression de France 4, la fusion de France 2 et France 5, ainsi qu’une réduction de 33 % du budget des sports, et une diminution de 75 % du budget consacré aux jeux et au divertissement.
Pour Alloncle, l’audiovisuel public traverse une crise profonde. "Cette commission a pour but d’exposer les dérives du secteur et d’offrir des solutions concrètes pour les résoudre", a-t-il déclaré. Il avance des économies potentielles de plus d'un milliard d'euros sur le financement de France Télévisions, Radio France, France 24, et RFI.
Un rapport contesté
Cependant, ce rapport suscite des critiques, y compris de son propre président, Jérémie Patrier-Leitus, qui évoque une tendance à la privatisation. "Cela ressemble à une attaque contre l’audiovisuel public, pilotée par un groupe politique en faveur de sa privatisation", a-t-il déclaré.
Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, a également exprimé son désaccord : "Ce projet prétend renforcer l’audiovisuel public tout en le rendant plus vulnérable ?" Elle souligne les inexactitudes présents dans le rapport et craint un plan social de grande envergure touchant la culture française.
Dans le milieu politique, les préoccupations sont palpables. Le Premier ministre Lecornu a affirmé que "ce rapport passe à côté des véritables enjeux, c'est une occasion ratée de dessiner l’avenir de notre audiovisuel". Cela n’a pas découragé Charles Alloncle, qui prévoit de soumettre une proposition de loi s’inspirant de certaines recommandations de son rapport.







