Pour pallier l'essor de la consommation en munitions, exacerbée par le conflit en Iran, le Pentagone a engagé des pourparlers avec des dirigeants du secteur automobile. Ces derniers sont appelés à participer à l'effort de guerre américain en produisant du matériel militaire, évocateur des contributions faites par l'industrie durant la Seconde Guerre mondiale.
“Face à une production chaotique et des coûts vertigineux au sein de l'industrie de l'armement”, le Pentagone “en appelle à l'expertise” des fabricants automobiles, selon un rapport du New York Times. Cette initiative résonne avec les efforts de l'administration Roosevelt, qui sollicitait les “grands noms de Détroit” pour fabriquer des équipements militaires.
D'après The Wall Street Journal, des hauts responsables de défense ont récemment discuté avec des leaders d'entreprises comme Mary Barra, CEO de General Motors, et Jim Farley, PDG de Ford, concernant la production d'équipement militaire essentiel. Des acteurs tels que GE Aerospace et Oshkosh, connus pour leurs véhicules militaires, pourraient également jouer un rôle clé.
Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, souligne la nécessité de préparer l'industrie d'armement à “mobiliser rapidement” pour acquérir plus efficacement des “vans, munitions et autres matériels militaires”, afin de maintenir un “avantage stratégique” sur les adversaires, selon le New York Times.
La crainte d’un épuisement des stocks
Alors que l'administration Trump a tenté de remédier aux lenteurs de production des entreprises de défense qu'elle jugeait trop stagnantes, la situation est devenue d'autant plus critique avec l'impact du conflit en Iran sur les stocks de munitions, comme les missiles Patriot, souligne le quotidien. “Des pays comme la Russie, la Chine ou l'Iran sont conscients que nous allons rencontrer des difficultés en matière de munitions”, met en garde John Ferrari, général américain retraité.
Le secteur automobile représente une opportunité intéressante car il “possède des avantages considérables”, affirme Foster Ferguson, ancien officier des marines expert en logistique et maintenance.
“Son expérience en économies d'échelle, sa maîtrise de la réduction des coûts et sa capacité à produire en série des pièces complexes avec une grande rigueur en font un partenaire idéal.”
Actuellement, les négociations sont encore à des étapes préliminaires. Même si des accords se concrétisent, ils se limiteraient à la production de composants d'équipement, “plutôt que des systèmes d'armement complets”, précise le journal. Par ailleurs, la dépendance de l'industrie américaine aux matériaux importés, dont certains “métaux rares en provenance de Chine”, pourrait ralentir ces projets ambitieux.







