« Vous pensez que Jean-Luc Mélenchon s'embête avec une primaire ? » Interrogé à ce sujet, certains au sein de la droite se montrent envieux de la liberté d'action que conserve le leader de La France Insoumise (LFI). Lors d'une assemblée récente, rendez-vous crucial pour dessiner la stratégie pour la présidentielle de 2027, le nom du futur candidat n'a pas été mentionné, mais tous les yeux sont rivés sur Mélenchon, qui se prépare à sa quatrième tentative. « Parce que c'est le meilleur ! », assure un cadre du mouvement. Quelles que soient les polémiques, sa candidature semble assurée.
Rappelons que suite à son élimination en 2022, il avait laissé entendre qu'il souhaitait voir ses soutiens « faire mieux ». Pourtant, quatre ans plus tard, l'homme n'a jamais quitté le devant de la scène politique à gauche. « Équipez-moi pour devenir Premier ministre », clame-t-il depuis l'entre-deux tours précédents. Après une campagne marquée par sa volonté d'établir la Nupes, il est considéré comme le candidat le plus légitime par de nombreux membres de son camp. « Ses expériences précédentes n'ont fait que renforcer notre position. À plusieurs reprises, il a propulsé notre mouvement aux portes du second tour », explique Aurélien Saintoul, député LFI des Hauts-de-Seine.
Dans le mouvement, la candidature de Mélenchon ne suscite pas de contestations, en grande partie grâce à la mainmise qu'il a su garder sur LFI. Des figures comme Danielle Simonnet, Raquel Garrido et Clémentine Autain ont été écartées, pulvérisant ainsi toute possibilité de véritable opposition au sein de l'organisation. Comme l’indique Alexis Corbière, ancien lieutenant de Mélenchon, « le mouvement n'encourage aucune discussion interne. Tout est régi selon le bon vouloir du candidat ».
Loin de se laisser affecter par les critiques, LFI défend son leadership. « Les considérations personnelles devraient être secondaires face aux enjeux politiques », énonce Saintoul. Malgré de sérieux questionnements sur les chances de Mélenchon en 2027, avec des sondages souvent peu flatteurs le plaçant en difficulté face à des rivaux comme Jordan Bardella, les insoumis continuent de le soutenir. Plusieurs membres de LFI rétorquent que les sondages ne reflètent en rien la réalité de leur base électorale. « Si dans le monde des sondages, cela semble tranché, cela ne traduit pas notre véritable dynamique électorale », ajoute Manon Aubry, eurodéputée LFI.Un autre député, Rodrigo Arenas, insiste sur le fait que Mélenchon demeure le seul candidat de gauche capable d’atteindre le second tour, une affirmation que beaucoup partagent au sein du parti. Aurélien Saintoul renchérit en évoquant la sympathie qu'éprouve une partie de l'électorat populaire pour Mélenchon, soulignant que sa candidature n'est pas un simple choix stratégique, mais semble couler de source pour ses partisans.
En définitive, Jean-Luc Mélenchon conserve son statut de candidat naturel de LFI pour la prochaine présidentielle, la majorité de ses soutiens restant convaincus de sa pertinence et de ses capacités à incarner une alternative de gauche.







