Un parti, deux visions. La création de deux groupes socialistes distincts ce jeudi à Toulouse Métropole met en lumière le profond désaccord au sein du Parti Socialiste (PS) en Haute-Garonne. Alors que la notion d'unité politique est sensée rassembler, la division entre les factions a franchi un nouveau cap, signalant une crise qui affecte une formation pourtant encore au pouvoir dans le Département et la Région.
Avec l'émergence de la Nupes en 2022, puis du NFP en 2024, l'alliance PS-LFI lors des municipales de Toulouse s'est révélée être un catalyseur de tensions qui a débouché sur l'implosion du PS. De nombreux maires socialistes de la Métropole ont exprimé leur désapprobation face à la présence de François Briançon dans leur groupe. « La décision prise par François Briançon et son équipe n'a pas été acceptée par les maires de gauche, et nous sommes contraints de le reconnaître », indique le député et membre de la Métropole, Arnaud Simion.
La voix des élus hors Toulouse
À l'instar de l'ancien mandat, Karine Traval-Michelet, maire PS de Colomiers, prend la tête d'un groupe d'une vingtaine d'élus socialistes et non encartés, affirmant vouloir représenter les intérêts des communes excentrées. Elle justifie le partenariat avec Jean-Luc Moudenc en soulignant que « le pacte que nous avons signé formalise une réalité existante depuis le début de l'intercommunalité : celle du partage de la gouvernance ». Pourtant, son choix est controversé, et elle accuse Vincent Gibert d'atteindre les principes de la gauche en critiquant cet accord.
« Je ne vais pas prendre de leçons de gauche », rétorque-t-elle, se posant ainsi comme un rempart face aux critiques. Traval-Michelet reconnaît cependant qu'il existe bel et bien deux courants au sein du PS. D'un côté, Olivier Faure oscille entre soutien et opposition à des alliances, tandis que Nicolas Mayer-Rossignol et Carole Delga font valoir l’importance d’une identité socialiste indépendante de LFI. « Le premier objectif de LFI est de tuer le PS, et je ne serai pas l'invitée à leur bal », déclare-t-elle fermement.
Des visions divergentes pour l'avenir
Le second groupe socialiste, qui regroupe six élus, dont François Briançon et Vincent Gibert, semble afficher un positionnement plus conciliant. Victor Denouvion, le président de ce groupe, peine à clarifier sa position, affirmant qu'il ne cherche pas à s'intégrer dans la majorité de Moudenc. « Je préfère ne pas analyser cette divergence au niveau national. C’est une question d'adaptation locale », explique-t-il.
Alors que le premier groupe a décidé de signer le pacte de gouvernance avec la majorité, le second refuse de participer à l'exécutif, choisissant plutôt de s'abstenir ou de voter contre le budget. Ce schisme au sein du PS, exacerbé par les alliances successives, soulève des questions cruciales sur l'avenir de cette formation politique à Toulouse.







