Longtemps considéré comme un phare de la avancés des droits humains en Amérique centrale, le Costa Rica a fait une annonce alarmante le 7 avril : son retrait du forum LGBTQI+ de l’Organisation des États américains (OEA). Cette décision a été vigoureusement critiquée par de nombreuses associations de défense des droits de cette communauté.
En 2020, le Costa Rica est devenu le pionnier en Amérique centrale en légalisant le mariage entre personnes de même sexe. Pourtant, cette nouvelle politique, officialisée par le ministre des Affaires étrangères, Arnoldo André, marque un changement significatif. Ce dernier, dans une interview à la Radio Monumental, a déclaré que le gouvernement devait se concentrer sur des sujets qu'il jugeait plus urgents, affirmant une "évolution des priorités" internationale. Selon le portail Infobae, cela met fin à une "décennie d’engagement" envers ces questions.
Les réactions à ce revirement
Cette décision a suscité une vive réaction de la part d'un consortium de 28 organisations et 51 membres de la société civile, qui ont publié une déclaration dénonçant cette initiative comme un affaiblissement critique des "normes relatives aux droits humains". Ils ont qualifié les justifications du ministre André de "totalement fausses" et "sans fondement".
Bien que des progrès aient été réalisés dans le domaine des droits LGBTQI+ au Costa Rica au fil des ans, plusieurs lacunes persistent. Par exemple, l'absence d'une loi sur l'identité de genre laisse les personnes transgenres dans un flou juridique et institutionnel, comme le souligne le quotidien costaricain La Nación. De plus, les organisations de défense des droits déplorent le manque d'interdiction formelle des thérapies de conversion, largement condamnées par la communauté internationale.
Le retrait du Costa Rica de ce forum LGBTQI+ représente un second projet controversé du gouvernement de Rodrigo Chaves cette année. En janvier, le gouvernement a annulé la journée de lutte contre la discrimination envers la communauté LGBTQI+ dans les écoles et a supprimé le poste de commissaire LGBTQI+, qui avait pour mission de conseiller la présidence.
Ce revirement n'est pas isolé, dans un contexte où la politique conservatrice prend de l'ampleur en Amérique latine. Par exemple, le gouvernement chilien, dirigé par le président José Antonio Kast, a également refusé d'appuyer une déclaration de l'OEA en faveur des droits LGBTQI+, rompant ainsi avec une tradition qui durait depuis près de dix ans, comme rapporté par Infobae.







