« Nous appelons la population à rester calme et à éviter les zones dangereuses, les services d'urgence sont mobilisés », a déclaré un porte-parole de l'armée burundaise. L'événement, survenu dans la soirée du 31 mars, a provoqué une onde de choc dans les quartiers de la capitale économique, Bujumbura.
Un incendie a éclaté dans le dépôt de munitions de la Force de Défense Nationale du Burundi à Musaga, déclenchant plusieurs explosions largement perceptibles dans la ville. Selon les témoignages recueillis par l'AFP, la population a été prise de panique, avec des détonations entendues jusqu'à plusieurs kilomètres, y compris près des installations de la radio nationale.
Un habitant décrit la scène comme « semant le chaos » alors qu'un énorme nuage de fumée noir s'élevait au-dessus du quartier. « Un grave accident électrique dans le magasin des munitions a causé ces explosions », a précisé Gaspard Baratuza, porte-parole de l'armée, tout en tentant de rassurer les citoyens. « Nous recommandons à tous de rester loin de la zone », a-t-il ajouté sur un groupe WhatsApp de journalistes.
Une crise déjà profonde
Des enregistrements diffusés sur les réseaux sociaux appuient les déclarations des résidents qui rapportent des explosions répétées. Un témoin du quartier de Gasekebuye a indiqué que des vitres avaient volé en éclats. « Nous assistons à un déferlement de munitions en feu », a-t-il affirmé.
L'organisation SOS Médias Burundi a rapporté que de nombreux habitants fuyaient leur domicile. « Ce drame pourrait avoir des conséquences graves, car plusieurs installations militaires se trouvent à proximité », a averti l'organisation.
Un enregistrement vidéo partagé par SOS Médias montre un incendie menaçant, accompagné de crépitements inquiétants.
Le Burundi, le pays le plus pauvre au monde selon la Banque mondiale, est déjà aux prises avec une crise économique aigüe, exacerbée par une grave pénurie d'essence qui dure depuis trois ans. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Evariste Ndayishimiye en juin 2020, le pays oscille entre des signes d'ouverture et un contrôle ferme des autorités, provoquant des alertes des ONG et des droits humains.







