Le samedi 4 avril, plus d'une centaine de poules ont échappé à une fin tragique grâce à l'initiative de l'association Champs libre aux poules. Ce jour-là, à Saint-Léons, les adoptants affluèrent pour accueillir ces volailles dans leur foyer, avec la satisfaction de leur offrir une seconde chance.
Repeupler son poulailler à bas coût
La journée de ce samedi a été soigneusement organisée, semblable à un service "drive". Avant de se rendre sur place, les intéressés ont réservé leurs poules en ligne. À leur arrivée, ils présentaient leurs réservations et patientaient pour récupérer leurs nouvelles compagnes. Marine Gohier, bénévole de l'association, gérait l'événement, aidée par ses filles et quelques amis, qui sont également repartis avec des poules. "Cela leur évite une fin funeste", confie Christelle, une proche.
Entre les allées, Gilbert, récemment retraité, repense à son poulailler perdu à cause de prédateurs. "C’était l’occasion idéale de repeupler mon espace vide. Elles se transforment en magnifiques poules pondeuses en quelques mois", note-t-il avec satisfaction.
Guy, un habitant de la région, cherchait à agrandir son projet avicole. "J'ai entendu parler de cette association par ma famille. C'est une bonne action à un prix raisonnable. Aujourd'hui, j’en prends huit !", s'enthousiasme-t-il, tandis que Marine précise que le coût d'adoption est de quatre euros par poule, souvent soutenu par des dons pour l'association.
Des poules sauvées d’une fin programmée
Pour cette adoption, les poules proviennent d’un élevage situé à Fondamente, sur le plateau du Larzac. L'association travaille avec divers éleveurs d'Occitanie et du sud-est, pour éviter que ces animaux ne soient envoyés à l'abattoir une fois leur productivité réduite. "Dans ces moments, nous intervenons pour en sauver le maximum", explique Heidi Carneau, fondatrice de l'association. Les éleveurs préfèrent vendre les poules à l'association, ce qui leur permet de récupérer un peu d’argent tout en aidant les animaux.
Adopter une poule implique cependant certaines conditions : avoir un espace sécurisé, avoir au moins deux poules pour ceux qui en possèdent déjà, ou trois sinon, tout en s'engageant à ne pas les consommer. "Ces animaux, peu connus, peuvent faire d’excellents compagnons, et leur entretien est relativement facile", assure Heidi Carneau.
Depuis sa création en 2020, Champs libre aux poules a mobilisé plus de 200 bénévoles principalement en Occitanie et organise régulièrement des journées d’adoption. À ce jour, l'association se vante d'avoir sauvé environ 140 000 poules, dont près de 10 000 depuis janvier 2026.
A Saint-Léons, ce samedi, 144 poules ont échappé à leur destin, transformant ainsi leur nombre d'œufs en une vie précieuse.







