Le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, était l'invité de franceinfo lundi 30 mars. À l'approche de son voyage en Ukraine pour participer à un conseil des ministres des Affaires étrangères, il a discuté du prêt crucial de 90 milliards d'euros que l'Union européenne a prévu pour soutenir l'Ukraine.
Alix Bouilhaguet : L'Union européenne a approuvé un prêt de 90 milliards d'euros, mais celui-ci est actuellement bloqué, notamment par la Hongrie. Face à la situation critique, comment ce prêt peut-il être débloqué ?
Benjamin Haddad : Je suis en route pour l'Ukraine où je défendrai notre engagement envers ce pays, tout en rappelant le contexte alarmant où, la semaine dernière, la Russie a intensifié son offensive, utilisant 3 000 drones et des centaines de missiles. Il est impératif d'augmenter la pression sur la Russie, notamment par l'adoption d'un 20ème paquet de sanctions qui cible son secteur énergétique, essentiel à son effort de guerre.
Les 27 pays de l'Union ont confirmé l'accord sur ce prêt, dont l'impératif est de soutenir l'Ukraine tant sur le plan militaire qu'économique pour les deux prochaines années. La Hongrie, qui bloque ce transfert, doit être incitée à reprendre le dialogue. Il est essentiel que l'UE prenne la sécurité de l'Europe en main, surtout dans un contexte où le Moyen-Orient concentre l'attention mondiale.
Une volonté de ne pas laisser de répit à la Russie
Avec les États-Unis allégeant certaines sanctions sur le pétrole russe vers l'Inde, cette décision ne pourrait-elle pas affaiblir les efforts européens ?
Ce n'est pas le moment pour l'Europe de relâcher la pression sur la Russie. Les décisions américaines semblent renforcer non seulement la Russie, mais également ses alliés, comme l'Iran, qui en profite pour intensifier sa coopération dans ces conflits.
Face à la hausse des prix du carburant en France, imaginez-vous une éventuelle levée des sanctions sur le pétrole et le gaz russes ?
Ce n'est pas envisageable ni responsable d'assouplir les sanctions alors que la Russie intensifie ses agressions. Le gouvernement a annoncé des mesures d'urgence pour soutenir les secteurs les plus vulnérables, avec un dialogue continu sur les stratégies énergétiques au niveau international.
Collaboration continue avec l'Ukraine
Le conflit avec l'Iran complique-t-il les efforts en Ukraine ?
Malgré ces difficultés, nous continuons à soutenir l'Ukraine. La France figure parmi les premiers pays en soutien au renseignement militaire ukrainien, essentiel dans ce conflit. Les synergies se développent également avec des pays du Golfe pour renforcer la défense ukrainienne.
Nous avons incorporé une préférence européenne dans le prêt de 90 milliards pour favoriser les liens avec l'industrie de défense européenne, et j'encourage la coopération avec les start-up françaises axées sur l'innovation en matière de sécurité. L'avenir de notre sécurité commune repose sur le soutien actif envers l'Ukraine et le renforcement de nos relations bilatérales.







