Le président syrien Ahmed al-Chareh est attendu en Allemagne ce lundi pour des discussions cruciales sur la guerre au Moyen-Orient, les efforts de reconstruction de la Syrie et le retour des réfugiés syriens. Ce déplacement marque son premier voyage à Berlin depuis qu'il a évincé l'ancien dirigeant Bachar el-Assad en décembre 2024.
Al-Chareh, ancien chef rebelle islamiste âgé de 44 ans, a récemment réussi à établir des relations diplomatiques avec plusieurs gouvernements occidentaux, effectuant des visites en France, aux États-Unis et en Russie. Il vise à lever les sanctions internationales afin d'accélérer la reconstruction de son pays qui peine à se remettre d'une guerre civile dévastatrice de 14 ans, comme l'indique un rapport du Le Monde.
Prévue initialement en janvier, sa visite a été reportée en raison de combats entre les forces gouvernementales syriennes et des groupes kurdes alliés des États-Unis. Des manifestations à Berlin, orchestrées par des associations kurdes, sont également attendues. La KGD, une organisation kurde, a exprimé son indignation face à son arrivée, affirmant qu'aucune reconnaissance officielle ne devrait être accordée à « cet ancien chef djihadiste ».
Sur le programme des discussions, la situation politique en Syrie et le retour des réfugiés seront en première ligne, selon Stefan Kornelius, le porte-parole du gouvernement allemand. Un forum économique est également prévu pour explorer les opportunités de reprise et de reconstruction, mais les défis économiques se font sentir, avec des taux de pauvreté alarmants, comme l’a souligné le ministère des Affaires étrangères.
Près d'un million de Syriens ont trouvé refuge en Allemagne, principalement lors de la crise migratoire de 2015-2016. Le chancelier Friedrich Merz, qui a pris ses fonctions en mai dernier, a intensifié les mesures contre l'immigration clandestine, affirmant que, suite à la fin du conflit, il n'y avait plus de motifs d'asile justifiant leur présence en Allemagne. Des accords ont été signés pour faciliter l'expulsion des personnes considérées comme dangereuses.
Merz cherche à redresser la politique d'immigration de sa prédécesseure, Angela Merkel, afin de contrer la montée du parti d'extrême droite AfD. Toutefois, de nombreuses ONG contestent cette approche, rappelant que la situation en Syrie demeure instable, avec des violations des droits humains persistantes et des dangers, comme les munitions non explosées.
La situation est d'autant plus complexe que le plateau du Golan est sous surveillance israélienne depuis le renversement d'Assad, avec des incursions régulières de l'armée israélienne en Syrie. Par ailleurs, le pays fait face à des mesures conservatrices croissantes imposées par le nouveau régime qui aggravent l'instabilité sociale.







