Lors de sa visite à Monaco, le pape Léon XIV a exprimé son inquiétude face à l'accentuation des inégalités sociales. Dans cette principauté réputée pour son luxe, il a souligné la nécessité de mettre fin aux "abîmes entre pauvres et riches" qui blessent notre monde.
Accueilli par le prince Albert II et la princesse Charlène, le pape, arrivé en hélicoptère de Rome, a fait remarquer que ce cadre splendide, principalement connu pour ses casinos et ses riches investisseurs, contraste fortement avec son message de justice sociale. Lors de son intervention depuis le palais princier, il a lancé un appel clair en faveur de l'équité et de la solidarité.
"Les injustices du pouvoir créent des fossés entre les privilégiés et les exclus, raclant tant la dignité humaine que la paix", a déclaré Léon XIV. Évoquant les enseignements du pape François, il a invité chacun à redistribuer leurs ressources pour le bien commun.
Le pape, ayant passé deux décennies comme missionnaire au Pérou, a également cité des travaux historiques tels que l'encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, fondement de la doctrine sociale de l'Église. Cela montre son désir d’intégrer ces principes dans les discussions contemporaines sur la justice sociale.
La réaction des Monégasques a été émotive. Alix Pearce, 34 ans, a exprimé « beaucoup d'émotion et de fierté » en écoutant le pape. Eric Battaglia, un artiste local, a souligné l'importance de son message dans un monde souvent divisé par des conflits.
S'adressant directement aux habitants de Monaco, Léon XIV a rappelé qu'il y a un impératif de solidarité, surtout pour ceux qui disposent de plus de ressources. Albert II a reconnu que les petits États peuvent jouer un rôle essentiel dans l'amélioration du monde, en se montrant fidèles à leurs valeurs.
Les Monégasques, tout en reconnaissant leurs privilèges, ont exprimé leur désir de responsabilité commune. Marge Valentino, résidente de longue date, a déclaré que « même sans privilèges, nous avons tous des responsabilités ». Après sa rencontre avec la communauté catholique, le pape a prévu de célébrer une messe en plein air, attendue par 15 000 personnes.
La visite du pape, à quelques jours de Pâques, montre également l'importance du chef de l'Église catholique dans une société où le catholicisme est encore religion d'État, même si seulement 8% des habitants se déclarent pratiquants. L'événement a suscité un réel engouement, avec des milliers de fidèles brandissant les couleurs du Vatican et des petits drapeaux de Monaco.
Malgré les écarts d'affluence observés lors du parcours de la "papamobile", l'accueil chaleureux du pape témoigne de son charisme, dans une Europe où les référents religieux et sociaux continuent d'évoluer.







