Jeudi, le Bélarus et la Corée du Nord ont signé un "traité d'amitié et de coopération" lors de la première visite officielle du président Alexandre Loukachenko à Pyongyang. Cette rencontre s'inscrit dans un contexte de sanctions occidentales et d'accusations de violations des droits humains pesant sur les deux nations alliées à la Russie.
Selon M. Loukachenko, "nos économies sont complémentaires, nous avons besoin l’un de l'autre et il faut avancer dans ce sens". Le président nord-coréen Kim Jong Un a pour sa part affirmé que ce traité établit une base juridique pour un développement stable des relations bilatérales, comme le rapporte l'agence d'État KCNA.
Recevant chaleureusement M. Loukachenko, Kim a souligné que les liens historiques entre les deux pays, remontant à l'époque soviétique, n'ont jamais été rompus et entrent maintenant dans une "phase fondamentalement nouvelle". Un nouveau cadre institutionnel pour le développement mutuellement bénéfique a également été évoqué par le dirigeant bélarusse.
Face à la guerre en Ukraine, le soutien mutuel de Minsk et Pyongyang envers Moscou se renforce. En effet, Pyongyang a contribué avec des troupes et des armes, tandis que le Bélarus a joué un rôle logistique pour l'invasion russe débutée en 2022. Ces actions, selon l'analyste Lee Ho-ryung, visent à "montrer la solidarité" entre des nations qui s'opposent à l'ordre occidental.
M. Loukachenko a critiqué les grandes puissances, affirmant qu'elles enfreignent les normes du droit international. "Les pays indépendants doivent coopérer pour protéger leur souveraineté et améliorer le bien-être de leurs citoyens", a-t-il ajouté. Dans une lettre adressée au dirigeant bélarusse en mars, Kim Jong Un avait exprimé son souhait d'intensifier les relations d'amitié et de coopération.
Au-delà du traité, des collaborations dans plusieurs secteurs, tels que l'agriculture et les technologies de l'information, ont également été annoncées. Cette volonté de rapprochement a été illustrée par des échanges de cadeaux entre les deux leaders, dont un fusil automatique offert par Loukachenko à Kim.
La Corée du Nord, soumise à des sanctions en raison de son programme nucléaire, ainsi que son soutien à la guerre en Ukraine, pourrait bénéficier d'un partenariat renforcé avec le Bélarus. D'autre part, les analystes estiment que Pyongyang reçoit des échanges de ressources vitales en retour, notamment de la nourriture et des technologies militaires.
Alors que Loukachenko maintient un régime répressif depuis trois décennies, occidentaux et organisations de défense des droits humains lui reprochent une répression violente de toute dissidence. Cependant, l'ancien président américain Donald Trump avait tenté d'établir des relations avec le Bélarus, assouplissant certaines sanctions.







