Cette initiative de l’exécutif de l'UE, reposant sur le prochain budget européen (2028-2034), soulève des voix discordantes parmi les États membres. Alors que la priorité affichée de l'Union est de réduire la bureaucratie, la Commission avance des arguments pour justifier cette demande. Décryptage.
Les Vingt-Sept savent-ils réellement ce qu'implique l'ajout de 2 500 nouveaux fonctionnaires à Bruxelles ? En juillet dernier, la Commission européenne a proposé cette augmentation, toujours défendue durant les négociations budgétaires. Cette idée ne suscite pas l'unanimité.
En février, une dizaine d’États, principalement du Nord et de l’Est, tels que l’Allemagne et les Pays-Bas, ont fait part de leur mécontentement envers cette initiative, qui pourrait coûter 1,4 milliard d’euros sur une période de sept ans. Ces pays « frugaux » soulignent que si leurs gouvernements nationaux doivent gérer rigoureusement leurs finances, l'exécutif européen devrait suivre un raisonnement similaire pour ses allocations budgétaires.
Un déficit à combler
Claudia Bauer, ministre autrichienne des Affaires européennes, a critiqué la proposition, la jugeant « déconnectée de la réalité », alors que l’Union prône la réduction de la bureaucratie. Son homologue allemand, Günther Krichbaum, a abondé dans ce sens.
Cependant, les justifications fournies par la Commission ne sont pas à prendre à la légère. Balázs Ujvari, porte-parole de la Commission, a défendu cette demande en précisant que durant la période actuelle (2021-2027), le nombre d'employés n'a pas augmenté malgré une charge de travail accrue attribuée par les États membres.
Des responsabilités élargies
La réalité est que les responsabilités de la Commission ont considérablement augmenté ces dernières années, avec l’adoption de nouvelles législations renforçant son rôle dans divers domaines. La Commission doit désormais réguler les réseaux sociaux, faire respecter la concurrence, lutter contre l’immigration illégale et bien plus encore.
Il est essentiel de noter que le nombre de fonctionnaires de la Commission (environ 32 000) reste modeste comparé à ses prérogatives et à la population de l'UE (450 millions). Un point qui a également été soulevé par le porte-parole de la Commission, qui a fait le constat que le nombre d'agents public dans les États membres continue d'augmenter.
Et la France dans tout ça ? Souvent critiquée pour ses finances publiques, elle n’a pas, pour l’instant, pris position contre cette proposition bruxelloise.







