Bruxelles (Belgique) – Un tournant majeur a eu lieu jeudi à Bruxelles, avec l'annonce d'un accord historique pour former un nouveau gouvernement régional, mettant fin à une crise politique qui a duré plus de 600 jours. Ce blocage, rarissime dans l'histoire belge, a lourdement pesé sur la réputation du pays.
Ce dénouement a été révélé devant les caméras par plusieurs leaders politiques, marquant le début d'une nouvelle coalition rassemblant sept partis, tant à gauche qu'à droite. On pouvait apercevoir une image symbolique diffusée sur X, montrant "Bruxelles gagnante" avec en toile de fond une cheminée crachant de la fumée blanche, un symbole classique de l'officialisation des accords politiques.
La Belgique, caractérisée par son système électoral proportionnel, a toujours fonctionné grâce à des coalitions. Toutefois, la lenteur des discussions à Bruxelles a atteint des sommets, dépassant les 541 jours de paralysie vécus lors de la crise fédérale de 2010-2011.
Cette impasse avait des conséquences directes sur la gestion de la région, où les investissements et subventions étaient suspendus. Le roi Philippe avait exprimé ses inquiétudes quant à l'impact de cette situation sur les Bruxellois. “Cela nuit à la réputation de notre pays”, a récemment déclaré le Premier ministre Bart De Wever, soulignant l'urgence d'une réforme institutionnelle.
Depuis les élections de juin 2024, marquées par une fragmentation politique accentuée avec 14 partis au parlement régional, la situation s'était de plus en plus complexifiée à cause des multiples vétos imposés par les partis.
Après trois jours de discussions intenses, les termes de l'accord ont enfin été finalisés, réunissant notamment le Mouvement Réformateur (MR) et le Parti Socialiste (PS), les deux plus grands partis francophones de Bruxelles. Ensemble, ils représentent une majorité des 72 députés francophones.
Un nouveau départ
Dans ce parlement de 89 sièges, où se trouvent également 17 élus néerlandophones, une nouvelle majorité a été formée avec quatre partis, y compris les écologistes de Groen. Cependant, la "Team Fouad Ahidar" a été rejetée, suite à des accusations de communautarisme.
Les libéraux flamands d'Anders, nécessaires à la formation d'une majorité néerlandophone, ont également joué un rôle essentiel dans cet accord. Leur précédente demande d'inclure la N-VA, un parti conservateur, avait été un point de discordance jusqu'à présent inextricable pour le PS francophone.
La situation avait suscité des manifestations, avec un collectif citoyen nommé "Respect Brussels" dénonçant la "lâcheté" des politiciens bruxellois et l'hécatombe de projets sociaux en raison des restrictions budgétaires. “Chaque mois qui passe c'est 100 millions de dette en plus pour les Bruxellois”, a déclaré Yvan Verougstraete, responsable du parti centristes Les Engagés.
Pour aller de l'avant, les partis de la coalition devront maintenant obtenir l'approbation de cet accord par leurs militants, un processus qui a déjà commencé.
Ce développement marque une étape significative pour Bruxelles, offrant une lueur d'espoir aux habitants après une période d'incertitude prolongée.







