Paris (France) (AFP) – Rocheuse, gazeuse et de nouveau rocheuse : une nouvelle découverte astronomique dévoile un système planétaire aux configurations surprenantes, défiant les modèles théoriques établis. Une étude récemment publiée met en lumière l'étoile LHS 1903 et ses exoplanètes intrigantes.
Dans notre propre système solaire, les quatre premières planètes – Mercure, Vénus, la Terre et Mars – sont toutes rocheuses, tandis que les quatre suivantes – Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune – sont des géantes gazeuses. Ce schéma était longtemps considéré comme une norme, jusqu'à ce que des chercheurs scrutent de plus près LHS 1903, une naine rouge située à l'intérieur de la Voie Lactée.
Depuis la découverte de la première exoplanète en 1995, plus de 6 000 de ces mondes lointains ont été détectés grâce aux variations de luminosité qu'ils provoquent en passant devant leur étoile. Le télescope spatial européen CHEOPS, lancé en 2019, a pour mission d'examiner plus finement ces étoiles pour en apprendre davantage sur les caractéristiques de leurs planètes, comme leur taille, leur masse ou leur atmosphère.
D'autres instruments avaient précédemment identifié trois planètes orbitant autour de LHS 1903, dont deux étaient gazeuses. Néanmoins, l'analyse des données collectées par CHEOPS a mené à la découverte d'une quatrième planète, plus éloignée et... surprenamment rocheuse.
Thomas Wilson, de l'Université de Warwick et auteur principal de l'étude publiée dans la revue Science, souligne : "Les planètes rocheuses ne se forment généralement pas si éloignées de leur étoile". En effet, les théories expansionnelles, corroborées par d'innombrables observations, stipulent que les planètes proches d'une étoile sont petites et rocheuses, car les radiations intenses de l'astre expulsent les gaz environnants.
Les astronomes ont dû envisager des explications inédites pour ce phénomène intrigant. Cela pourrait indiquer que les planètes de ce système se sont formées successivement, remettant en question la vision conventionnelle selon laquelle elles naissent simultanément dans un disque de gaz et de poussière. Selon les spécialistes, au moment où cette planète rocheuse s'est formée, le gaz dans le système aurait pu être en grande partie épuisé.
"Cela pourrait être la première preuve d'une planète formée dans un environnement pauvre en gaz", exprime M. Wilson avec enthousiasme. Isabel Rebollido, chercheuse à l'ESA, ajoute que : "Nos théories de formation planétaire ont traditionnellement été basées sur notre système solaire, mais à mesure que nous découvrons des systèmes exoplanétaires diversifiés, nos perspectives évoluent".
Comme le rappelle Maximilian Günther, scientifique du projet CHEOPS à l'ESA, "trouver des instances comme celle-ci est précisément l'un des principaux objectifs de CHEOPS".







