Au Texas, le centre de détention pour familles d'immigrés de Dilley représente les efforts incessants de l'administration Trump pour expulser les étrangers. À l'intérieur de ces murs, des adultes et des enfants sont enfermés pendant des mois dans des conditions déplorables. Un exemple frappant est celui de Liam Conejo Ramos, un petit Équatorien âgé de 5 ans, qui a été incarcéré avec son père après leur arrestation en janvier à Minneapolis, avant d'être finalement renvoyé chez eux.
Parmi les détenus, la femme et les cinq enfants d'un Égyptien accusé d'avoir lancé des engins incendiaires lors d'une marche à Denver pour soutenir les otages à Gaza sont incarcérés depuis plus de huit mois. Les témoignages recueillis par l'AFP via l'ONG RAICES révèlent une réalité alarmante : les conditions sanitaires dans le centre sont très préoccupantes, et de nombreux détenus choisissent de rester anonymes par crainte de représailles.
Javier Hidalgo, directeur juridique de RAICES, souligne que le cas de Liam et de son père illustre la situation de nombreuses familles. Ils avaient entamé un processus de régularisation, assistaient à des rendez-vous judiciaires, mais ont été tout de même arrêtés. Hidalgo affirme que les souffrances vécues par ces enfants n'ont pour but que de persuader les familles de renoncer à leur lutte contre l'expulsion.
Rougeole et insectes
Les données du site The Marshall Project mettent en lumière une augmentation alarmante des enfants détenus : depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, ce nombre a plus que sextuplé, passant à 170 par jour. Le centre de Dilley, capable d'accueillir 2000 personnes, a même dû suspendre les nouvelles incarcérations récemment après la confirmation de cas de rougeole.
Les témoignages continuent d'affluer. Une femme haïtienne de 34 ans, qui se faisait appeler "W", raconte comment elle a été arrêtée avec son fils lorsqu'ils étaient en visite à New York et transférée à Dilley en octobre. "Nous sommes en prison. Il n'y a aucune intimité", déplore-t-elle. Des incidents récents ont également alerté le personnel sur des insectes trouvés dans la nourriture servie, suscitant des manifestations parmi les détenus.
Diana, une Colombienne dont la fille de 10 ans souffre de la maladie de Hirschsprung, a également partagé son désespoir face à l'incapacité du centre à fournir une alimentation appropriée à sa fille. Elle relate avoir alerté le personnel médical, mais celui-ci a réagi en déclarant qu'ils n'étaient pas là pour répondre à ses besoins spécifiques.
La réponse de CoreCivic
CoreCivic, l'entreprise qui gère ce centre, soutient que la santé et la sécurité des détenus sont sa priorité. "Nous collaborons avec les autorités de l'ICE pour assurer le bien-être de toutes les personnes que nous hébergeons", a déclaré un représentant de l'entreprise à l'AFP.
Concernant la famille de Mohamed Sabry Soliman, l'auteur présumé de l'attentat dans le Colorado, les autorités justifient leur détention par une présumée connaissance de ses intentions. Cependant, sa famille a assuré depuis le début qu'il avait agi seul. Dans un témoignage poignant, leur fille aînée, Habiba, a exprimé le souhait de pouvoir avoir intercepter les projets de son père pour éviter toute tragédie.
Pour conclure, les conditions de détention dans ce centre soulèvent une question cruciale : est-il acceptable de détenir des familles pendant des périodes indéfinies ? Habiba appelle à une mobilisation générale pour changer cette pratique inacceptable, soulignant que même quelques semaines de vie dans ces conditions sont insupportables.
© 2026 AFP







