De plus en plus prisé, le piment d'Espelette fait face à de graves défis en raison des changements climatiques récents. Ce petit village basque de 2.000 habitants, Espelette, est non seulement connu pour sa beauté, mais également pour son piment prestigieux, considéré comme l'« or rouge » de la région. Comme les grandes AOC telles que le Champagne ou le Roquefort, ce produit ne peut être cultivé que dans quelques communes spécifiques, notamment dans le Labourd.
La popularité du piment d'Espelette explose. Dans les supermarchés, il se décline sous de nombreuses formes : en pâtés, dans des boudins, des saucisses, des plats comme la piperade, ou même associé au chocolat. Pourtant, cette tendance pourrait avoir du plomb dans l'aile, car la production est en péril.
L'appellation contrôlée joue un rôle crucial en préservant l'authenticité et la qualité de ce piment. Malheureusement, le changement climatique a considérablement réduit les rendements. Les agriculteurs se heurtent à une série de catastrophes naturelles : sécheresse en 2022, grêle en 2023, fortes pluies en 2024, et des vagues de chaleur en 2025. Face à ces conditions extrêmes, de nombreux producteurs choisissent de mettre fin à leur activité, et leur relève se fait rare, car la production est strictement encadrée par son statut protégé.
Selon une étude commandée par l'Institut National de l'Origine et de la Qualité (INAO), les prévisions n'augurent rien de bon. Les experts estiment que la région ne pourra probablement pas maintenir les mêmes niveaux de production dans les années à venir. Au-delà des enjeux économiques, il s’agit aussi de préserver une tradition culinaire ancestrale. Georges Etchegoyhen, agriculteur et membre du syndicat des producteurs de piment d'Espelette, exprime ses craintes : "Si rien ne change, la culture du piment pourrait disparaître, emportant avec elle un savoir-faire unique." Cet appel à l’action souligne l’urgence de la situation.
Le piment d'Espelette n'est pas seulement un produit ; c'est une lacune culturelle qu'il faut protéger. Au-delà des simples enjeux économiques, il s'agit d'une véritable question d'identité pour les Basques et pour l'ensemble de la France gourmande.







