Après près de cinq heures de débats enflammés, les députés ont voté ce jeudi une résolution appelant à l'inscription des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Ce texte a été soutenu par la majorité et le Rassemblement National (RN), malgré l'opposition unanime de la gauche.
Dans une atmosphère tendue au sein de l'Assemblée, cette résolution a été présentée par Les Républicains, qui ont consacré leur journée parlementaire à ce sujet. Le vote s'est terminé avec un score de 157 voix pour contre 101.
Une mesure controversée
Bien que cette résolution ne soit pas contraignante, elle appelle la Commission européenne à évaluer les Frères musulmans et à envisager leur inscription sur la liste des organisations terroristes. Le rapporteur du texte, Éric Pauget (LR), a souligné que cela permettrait de geler des financements révélateurs et de favoriser l'échange d'informations entre pays.
"Nous devons combattre un mouvement qui rêve de faire triompher la charia sur l'ensemble de nos lois", a-t-il insisté.
Laurent Wauquiez, leader des Républicains, a fait remarquer que ce vote constitue un pas vers la fin du déni par rapport à l'influence croissante des Frères musulmans en France et a pressé le gouvernement d'effectuer les démarches nécessaires au niveau européen.
Tensions et répliques dans l'hémicycle
Le gouvernement, bien que n'exprimant pas de position claire, a adopté une attitude de sagesse. La ministre Éléonore Caroit a reconnu l'importance d'agir contre l'idéologie des Frères musulmans, tout en qualifiant le texte de potentiellement fragile sur le plan juridique.
L'opposition a vivement contesté cette initiative. "Ce texte ne fait que stigmatiser une partie de la population en France sans contrer réellement l'influence des Frères musulmans", a déclaré la députée écologiste Dominique Voynet, qualifiant l'initiative d'opportuniste.
Des incidents ont également émaillé le débat, notamment lorsque Laurent Jacobelli (RN) a provoqué l'indignation en insinuant que les Insoumis soutiendraient des pratiques violentes à l'égard de la communauté LGBTQ+. Ce rappel à l'ordre a intensifié les tensions à l'Assemblée, amenant plusieurs députés à critiquer cette dynamique de confrontation.
Contexte historique du mouvement
Originaire d'Égypte, le mouvement fondé en 1928 s'est propagé dans le monde arabe mais a subi un recul significatif sous la pression de nombreux États. Sa présence en France soulève un débat complexe sur les libertés individuelles, les droits de l'homme et la sécurité nationale.







