Le candidat socialiste Antonio José Seguro a remporté le premier tour de l'élection présidentielle au Portugal, se qualifiant ainsi pour un second tour où il affrontera le leader d'extrême droite André Ventura, qui a pris la deuxième position. Selon les résultats préliminaires couvrant 90 % des circonscriptions, Seguro a obtenu 30,6 % des voix contre 24,7 % pour Ventura, tandis que le libéral João Cotrim Figueiredo a terminé en troisième position avec 14,8 % des suffrages.
Ce résultat marque un tournant dans le paysage politique portugais, où l'extrême droite n'avait pas été aussi proche du pouvoir depuis 1986. Les analystes soulignent que cette montée de Ventura, leader du parti Chega, reflète un changement profond dans l'opinion publique. « Les problèmes économiques et sociaux, accentués par la crise de la pandémie, ont radicalisé les électeurs », explique Maria Sousa, spécialiste des affaires politiques à l'Université de Lisbonne.
Montée de l'extrême droite
Cette élection a vu un nombre record de 11 candidats, et le soutien croissant en faveur d'André Ventura est frappant. Ce dernier a recueilli 11,9 % des suffrages lors de la présidentielle 2021, mais depuis, son parti a gagné en popularité, atteignant 22,8 % des voix et 60 députés aux dernières législatives. La tension est palpable dans les rangs du gouvernement minoritaire dirigé par le Premier ministre Luís Montenegro, réélu en mai dernier.
La cohabitation entre un président socialiste et un gouvernement de droite suscite des inquiétudes parmi les analystes politiques. « Ce second tour pourrait bouleverser l'équilibre des pouvoirs », souligne Joana Pereira, politologue à l'Institut d'Études Politique de Porto. Alors que l'élection finale est prévue pour le 8 février, les observateurs internationaux garderont un œil attentif sur cette rivalité qui pourrait redéfinir le paysage politique du Portugal pour les années à venir.
Alors que le pays traverse des moments incertains, le résultat de cette présidentielle pourrait bien avoir des répercussions significatives, tant au niveau national qu'européen. La montée de l'extrême droite ne se limite pas au Portugal, mais fait écho à un mouvement plus large observé dans plusieurs pays européens, comme le souligne le rapport de Le Monde.







