Le paysage politique du Portugal s'apprête à vivre un tournant historique avec un duel inattendu entre le centre-gauche et l'extrême droite lors du second tour des élections présidentielles, prévu le 8 février. Antonio José Seguro, candidat socialiste, a terminé en tête du premier tour dimanche, suivi d'André Ventura, leader de l'extrême droite, qui continue de progresser au sein de l'électorat.
Malgré des prévisions légèrement en faveur de Ventura, c'est Seguro qui a su captiver le vote des Portugais, rassemblant environ 30,6 % des voix contre 24,2 % pour son rival. Joao Cotrim Figueiredo, candidat libéral, est arrivé troisième avec un score de 15,5 %. Le Premier ministre Luis Montenegro, à la tête d'un gouvernement minoritaire, devra maintenant coexister avec un président qui ne partage pas son appartenance politique.
Cette montée de l'extrême droite est largement alimentée par des sentiments d'insatisfaction croissants parmi les électeurs. Selon un rapport de l’Le Monde, les Portugais, surtout les jeunes, expriment un désir pressant de changement et se tournent donc vers des figures qui leur promettent des solutions fermes. Ventura, surnommé « candidat du peuple », a récemment intensifié ses discours, évoquant son intention de rétablir l'ordre dans une nation qu'il juge en crise.
Les années précédentes, Ventura aurait recueilli 11,9 % des voix lors de sa précédente candidature en 2021, et ce nouveau score pourrait signaler une domination croissante de sa formation, Chega, qui a déjà surpassé le Parti socialiste en tant que principale force d'opposition.
D'après certains analystes, un éventuel succès de l'extrême droite pourrait modifier l'ordre établi au sein de la droite portugaise, provoquant des répercussions à long terme sur la dynamique politique du pays. L'analyste politique Maria Costa a déclaré dans une interview que "les résultats du premier tour révèlent une fracture au sein de l'électorat, avec une polarisation qui pourrait influencer la stabilité politique future".
Les résultats des élections témoignent ainsi d'un changement significatif, non seulement sur le plan électoral mais pour l'avenir démocratique du Portugal. Alors que l'élection présidentielle de 2021 n'avait pas nécessité de second tour, le scénario actuel souligne les tensions et les bouleversements croissants dans cette région. L'attention se tourne désormais vers le second tour, qui pourrait bien déterminer la direction future du pays.







