Les autorités iraniennes ont annoncé dimanche leur intention de rétablir progressivement l'accès à internet, suite à une coupure soudaine destinée, selon les défenseurs des droits humains, à dissimuler une répression qui a coûté la vie à des milliers de personnes.
Après une semaine de fermetures, les écoles ont également rouvert leurs portes, tandis que les universités se remettent lentement en marche, comme l'a rapporté la télévision d'État.
Le déclenchement de cette vague de contestation remonte au 28 décembre à Téhéran, où des commerçants ont exprimé leur colère face à la hausse des prix. Le mouvement a rapidement pris de l'ampleur, culminant le 8 janvier, défiant ainsi la République islamique au pouvoir depuis 1979.
Qualifiée par des ONG de "massacre," la répression s'est intensifiée suite à l'instauration d'un blackout des communications, qui a duré dix jours. Dans ce contexte, l'agence de presse Tasnim a indiqué que l'accès à internet serait rétabli de manière progressive, sans fournir de détails précis.
Une source proche de la situation a évoqué la réactivation prochaine des applications de messagerie locales sur l'internet national. Ce dimanche matin, des journalistes de l'AFP ont constaté un accès limité à internet mondial, malgré le fait que la majorité des fournisseurs d'accès restaient bloqués.
Les restrictions, bien que persistantes, n'ont pas empêché la circulation d'informations sur les exactions des forces de sécurité. Des témoins rapportent des tirs à balles réelles sur les manifestants, soutenus par des vidéos vérifiées par Amnesty International, montrant des scènes de violence inédite.
Raha Bahreini, chercheuse à l'ONG, a déclaré que les hôpitaux étaient submergés par les blessés : "Chaque dix minutes, des coups de feu retentissaient", a relaté un manifestant en exil au Royaume-Uni. En l'absence de chiffres officiels, le guide suprême Ali Khamenei a évoqué des "milliers de morts," attribuant ces pertes aux manifestations orchestrées par ce qu'il considère comme des agents américains et israéliens.
Les estimations des victimes varient considérablement. Iran Human Rights (IHR) rapporte au moins 3.428 manifestants tués, avec d'autres sources évoquant des chiffres allant jusqu'à 20.000. La chaîne d'opposition Iran International a même recensé plus de 12.000 décès, des assertions que le pouvoir judiciaire iranien a catégoriquement rejetées.
Des milliers d'arrestations ont également eu lieu, avec des ONG signalant jusqu'à 20.000 personnes actuellement en détention. Le porte-parole du système judiciaire a promis des procès rapides contre ceux qu'il considère responsables de violence, imprimant un climat de peur accentué par des menaces d'exécutions.
Le président américain, lors d'un récent discours, a salué la décision des autorités iraniennes de retarder des exécutions de manifestants, bien que cette mesure suscite des doutes concernant la véritable intention du régime. Comme l'a affirmé l'analyste Arif Keskin, "la direction iranienne voit les exécutions comme un outil puissant pour maintenir l'ordre". Dans l'optique de la sécurité intérieure, les sanctions internationales associées sont perçues comme un investissement à long terme.
Face à ce complexe tableau, la situation en Iran continue d'évoluer, laissant entrevoir un avenir incertain pour le peuple iranien qui aspire à des réformes véritables.







