Dans un contexte de protestations massives, le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, a réaffirmé dimanche que toute intervention des États-Unis entraînerait des représailles ciblant Israël et les bases américaines au Moyen-Orient. Ce discours intervient alors que les manifestations, qui ont débuté en réponse à des crises économiques et politiques, ont déjà causé la mort d'au moins 116 personnes, selon l'organisation de défense des droits humains HRANA.
Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre par des commerçants du bazar de Téhéran face à une inflation galopante et la dévaluation brutale du rial, ont rapidement pris une tournure politique. Téhéran accuse Washington et Tel Aviv de fomenter la révolte, exacerbant les tensions déjà présentes dans la région.
Dans ce contexte, le président américain a menacé à plusieurs reprises d'intervenir pour soutenir les manifestants iranien, affirmant que "l'Iran veut la liberté". La possibilité d'une intervention directe a été évoquée lors d'un échange entre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le secrétaire d'État américain Marco Rubio, avec des sources israéliennes indiquant qu'Israël se tenait en "état d'alerte maximal" face aux possibles frappes.
Qalibaf a averti que "les territoires occupés [Israël] et les bases et navires américains" seraient considérés comme des cibles légitimes en cas d'agression. Ce discours est loin d'être anodin dans un climat politique déjà tendu. Benjamin Netanyahu a quant à lui affirmé que toute attaque iranienne aurait des conséquences désastreuses, soulignant que le gouvernement israélien attendait de voir comment la situation évoluerait en Iran.
De plus, la coupure d'internet, en place depuis plus de 60 heures, complique la diffusion d’informations sur la situation sur le terrain. Selon Netblock, cette décision rend difficile le suivi des événements alors que des vidéos de manifestations continuent d'émerger, notamment celles de vastes foules agitant des objets métalliques en signe de résistance.
Les arrestations massives de figures clés du mouvement de protestation, annoncées par le chef de la police nationale, Ahmad Reza Radan, soulignent la volonté du régime de contrôler la contestation. Les experts signalent que cette stratégie de répression pourrait engendrer un cercle vicieux de violence et de résistance.
Alors que la situation demeure volatile, les commentateurs internationaux expriment des inquiétudes quant à l’avenir du régime iranien et les effets d'un éventuel conflit avec les États-Unis et Israël sur la stabilité de la région. Loin d’un simple soulèvement, ces événements reflètent un profond désir de changement sociétal en Iran.







