Dans un hôpital de Gaza, les cris de détresse résonnent pour appeler à la continuité de l'aide de l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF). Adam Asfour, un jeune garçon de huit ans blessé par des éclats d'obus, souligne l'impact vital de l'ONG : "Ils sont restés à nos côtés durant toute la guerre". La récente demande des autorités israéliennes, ordonnant à 37 organisations internationales, y compris MSF, de quitter Gaza, suscite de vives inquiétudes. Ces autorités exigent que ces ONG soumettent la liste de leurs employés palestiniens, une condition jugée inacceptable par plusieurs organisations humanitaires et par la communauté internationale.
Le petit Adam, soigné depuis le 1er septembre, partage sa tristesse à l'idée que MSF cesse ses activités. "Ça m'a rendu très triste", confie-t-il, illustrant le désespoir partagé par de nombreux patients, notamment des enfants, présents à l'hôpital Nasser. Des témoignages recueillis par l'agence de presse AFP montrent que l'espoir persiste malgré la menace imminente de voir l'ONG quitter le territoire.
Des membres de MSF parcourent les couloirs de cet hôpital, l'un des derniers centres de soin encore en activité dans la bande de Gaza. Claire Nicolet, coordinatrice d’urgence de l’organisation, insiste sur l’importance de maintenir une "continuité des soins" pour des patients comme Joud, un garçon de 18 mois gravement brûlé.
MSF joue un rôle incontournable, prenant en charge environ 20 % des lits de l'ensemble de Gaza. En 2025, l'ONG a enregistré plus de 800 000 consultations médicales et 10 000 accouchements. "Il est peu réaliste de quitter Gaza si tôt sans provoquer de conséquences sanitaires catastrophiques", déclare Claire Nicolet, soulignant l'absence d'une organisation capable de reprendre toutes leurs missions.
La situation actuelle demeure précaire. Kelsie Meaden, responsable logistique, confirme que les défis sont multiples, notamment l'impossibilité de faire entrer de nouveaux employés internationaux et les difficultés d'approvisionnement. "Nous ne manquons pas encore de matériel, mais cela va inévitablement se produire", prévient-elle.
Trois employés étrangers d’ONG ont déjà été refoulés à la frontière israélo-palestinienne, les autorités dénonçant des liens présumés avec des mouvements armés, accusations fermement démenties par MSF. La tension entre Israël et le Hamas continue d’entacher la situation, l’armée israélienne ayant mené de nombreuses frappes ciblées sur des infrastructures hospitalières.
À l’hôpital Nasser, les soignants, habillés en chasuble de MSF, poursuivent leur mission avec détermination, soignant des blessures physiques et émotionnelles. "Dieu les récompensera pour leur dévouement", espère Iyad Youssef, dont le fils est également soigné pour des brûlures graves.







