Le Burkina Faso, sous le régime du capitaine Ibrahim Traoré, fait face à des allégations perturbatrices concernant des tentatives de déstabilisation. En effet, le gouvernement burkinabè a récemment annoncé, lors d'une allocution à la télévision nationale, avoir déjoué un complot visant à éliminer son dirigeant. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a détaillé que des actions violentes, impliquant des assassinats ciblés, avaient été prévues par d'anciens militaires, dont Paul-Henri Sandaogo Damiba, actuellement en exil au Togo.
« Ce complot, qualifié d’énième tentative de déstabilisation, aurait été orchestré depuis la Côte d'Ivoire », a indiqué Sana, soulignant que près de 70 millions de FCFA (environ 106 000 euros) avaient été mobilisés pour le financer. Une telle situation exacerbe les tensions persistantes entre Ouagadougou et Abidjan, où les autorités ivoiriennes ont systématiquement nié toute implication dans des activités hostiles envers le Burkina Faso.
Le climat politique au Burkina Faso a été particulièrement instable depuis que Ibrahim Traoré a pris le pouvoir en septembre 2022, renversant Damiba, qui lui-même avait précédemment évincé le président élu Roch Marc Christian Kaboré. Au cours des mois qui ont suivi l'arrivée au pouvoir de Traoré, plusieurs complots, souvent attribués à des éléments basés en Côte d'Ivoire, ont été signalés. En avril 2025, une opération similaire avait été déjouée, suspectant encore une fois des acteurs ivoiriens, rapportent des sources locales.
De plus, la télévision burkinabè a récemment diffusé les « aveux » d'un commerçant, présenté comme un complice clé, affirmant avoir séjourné en Côte d'Ivoire dans le but de collecter des fonds pour ces opérations. Ces révélations alimentent un récit de méfiance croissante entre les deux pays. Un expert politique, le professeur Moussa Konaté, souligne que cette escalade des tensions pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la stabilité régionale, en particulier dans un contexte où le Burkina est déjà confronté à des défis sécuritaires relatifs au terrorisme.
Les autorités ivoiriennes, par la voix de leur porte-parole, ont réclamé des preuves tangibles des accusations formulées par le gouvernement burkinabè, en maintenant que les allégations demeurent sans fondement. Le manque de dialogue entre les deux nations pourrait bien aggraver la situation, alors que chaque camp semble déterminé à justifier ses actions sur la scène internationale.







