Dans le contexte électoral intense du Portugal, l'extrême droite, menée par André Ventura, se prépare à potentiellement dominer le premier tour de l'élection présidentielle du 18 janvier. Malgré ses chances de succès au second tour étant quasi nulles, cette dynamique pourrait influencer durablement le paysage politique.
Après une pause des festivités, la campagne électorale, officiellement lancée dimanche, s'accélère avec un débat télévisé prévu mardi. Cette élection est marquée par l'absence de Marcelo Rebelo de Sousa, le président conservateur sortant, qui ne peut briguer un troisième mandat consécutif. L'issue de cette élection est particulièrement incertaine, avec de récents sondages suggérant que plusieurs candidats aspirent à émerger au second tour, programmé pour le 8 février.
Les sondages indiquent qu'André Ventura pourrait recueillir environ 20 % des voix au premier tour, tandis que ses adversaires demeurent en mesure de le battre au second tour. Ventura, à la tête du parti d'extrême droite Chega, reste un acteur majeur en raison de la montée de son parti, qui a récemment remporté une forte représentation législative.
D'après la politologue Paula Espirito Santo, ce mouvement en faveur de l'extrême droite semble en progression, mais elle estime que tout candidat face à Ventura au second tour pourrait le battre « par acclamation ». Cette tendance souligne la volatilité du paysage politique portugais, caractérisé par une fragmentation en trois blocs : la coalition gouvernementale de centre-droit, l'opposition socialiste, et l'extrême droite.
Henrique Gouveia e Melo, amiral à la retraite et ancien chef de la marine nationale, est également un candidat de poids. Se présentant comme un « homme providentiel », il tente de rassembler autour de lui, promettant d'apporter une certaine unité dans un contexte de division politique. Son expérience dans la gestion de la pandémie de Covid-19 a renforcé son image auprès des électeurs, ce qui pourrait jouer en sa faveur.
À droite, Luis Marques Mendes, qui a occupé des rôles importants dans la politique portugaise, espère capitaliser sur son expérience, tandis qu'Antonio José Seguro, ancien secrétaire général du Parti socialiste, pourrait faire face à des défis similaires avec plusieurs candidats de gauche qui pourraient diviser le vote. Selon les experts, les prochaines semaines seront cruciales, d'autant plus que le premier débat opposera des candidats issus de divers horizons.
Alors que le Portugal s'apprête à voter, le rôle du président se distingue par son caractère symbolique, bien qu'il puisse avoir des répercussions significatives en cas de crise, incluant le droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections anticipées. La scène politique portugaise est à un tournant, et chaque candidat devra prouver sa capacité à naviguer dans cet environnement complexe.







