Israël a récemment pris la décision controversée d'interdire l'accès à Gaza à 37 ONG internationales, dont Médecins Sans Frontières. Cette interdiction, motivée par la demande de transmission des noms des employés des ONG, soulève de vives inquiétudes quant à l'aggravation d'une crise humanitaire déjà désastreuse, selon le rapport de l'AFP.
Cette nouvelle mesure, annoncée par le ministère israélien de la Diaspora, prétend viser à prévenir l'infiltration d'opérateurs terroristes au sein des organisations humanitaires. Le ministre Amichai Chikli a déclaré : "L’assistance humanitaire est bien accueillie, mais l’exploitation de cette aide à des fins terroristes ne sera pas tolérée". Cependant, cette déclaration a été accueillie avec scepticisme par de nombreux experts, qui estiment que cette décision va renforcer les souffrances des civils palestiniens.
Des instances internationales, dont l'ONU et l'Union Européenne, ont dénoncé cette restriction, la qualifiant d'inacceptable au regard des obligations d’assistance humanitaire envers les civils. Volker Turk, Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, a mentionné que ces suspensions n'étaient pas seulement arbitraires, mais aggravaient une situation déjà chaotique pour la population de Gaza, qui est confrontée à d'énormes pénuries de nourriture, d'eau potable et de soins médicaux.
Les ONG concernées, parmi lesquelles se trouvent de grandes assises du secteur humanitaire telles que Care, Oxfam et le Norwegian Refugee Council, ont également exprimé leurs inquiétudes. Médecins Sans Frontières a بتایا أنه malgré l'implémentation de politiques strictes pour prévenir tout détournement d'aide, ils n'ont pu fournir les noms de leurs employés en raison de l'absence de garanties claires de la part d'Israël.
En parallèle, un collectif de 17 ONG israéliennes de gauche a critiqué vigoureusement cette décision, arguant qu'elle compromet à la fois l'efficacité et la sécurité des opérations d'aide. Ils affirment que la responsabilité d'Israël, en tant que puissance occupante, est d'assurer un approvisionnement suffisant aux civils palestiniens, au lieu d'entraver les efforts humanitaires.
Cette interdiction n'est pas un événement isolé. En octobre 2023, Israël avait déjà prohibé l'usage de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) sur son sol, en accusant plusieurs de ses employés de complicité avec des groupes armés. Philippe Lazzarini, le directeur de l'UNRWA, a qualifié cette action de "dangereux précédent", insistant sur le fait qu'elle constitue un déni des responsabilités liées au droit international humanitaire.
Avec cette récente action, il semble que le cadre de l'aide humanitaire à Gaza se rétrécisse encore davantage, rendant la vie quotidienne de ses habitants encore plus précaire. La réponse de la communauté internationale sera cruciale pour naviguer à travers cette crise humanitaire exacerbée.







