Mis en examen mercredi 15 juillet, Jérôme Barella fait face à des accusations accablantes de meurtre et de viol sur mineure, suite à la mort de la jeune Lyhanna, ainsi que pour des incidents similaires dans une autre affaire impliquant une petite fille nommée « Rosa ».
Principal suspect dans le dossier de Lyhanna, une collégienne de 11 ans trouvée morte dans le Gers, Jérôme Barella a été mis en examen pour « meurtre sur une mineure de moins de 15 ans précédé ou accompagné de viol », a précisé le procureur d’Agen. Initialement accusé d'enlèvement et séquestration, il risque désormais une peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Son audition a débuté à 9h30, et il a été confronté à de nouvelles preuves accablantes. Âgé de 41 ans, Barella a été extrait de sa cellule à Mont-de-Marsan pour être entendu, mais a choisi de garder le silence sur la plupart des questions, se limitant à des réponses concernant sa personnalité, comme l'a indiqué le procureur adjoint.
Des accusations de viol dans une autre affaire
Parallèlement, le suspect a également été mis en cause pour des agressions sexuelles sur une mineure dans une affaire distincte, celle dite « Rosa ». La mère de la fillette, dont le prénom a été modifié, a déposé plainte en août 2025, accusant Barella d’avoir violé sa fille « une cinquantaine de fois », selon un rapport d’inspection (*) . Bien que les accusations aient été portées il y a un an, aucune mesure n’avait été prise contre lui à l’époque.
À présent, le parquet confirme que Barella reste silencieux concernant ces accusations supplémentaires. Après avoir conservé le silence lors de sa première audition le 1er juin, il a été placé sous mandat de dépôt criminel. Suite à des résultats d’autopsie révélés le 24 juin, le procureur d’Agen avait requis sa mise en examen pour « meurtre et viol sur mineure ».
La justice a été saisie après la disparition de Lyhanna, signalée par ses parents le 29 mai, alors qu’elle avait été photographiée en train de monter dans la voiture de Barella. Son corps a été découvert le 4 juin dans un silo désaffecté, un site où Barella aurait travaillé, et l’autopsie a confirmé des faits de violence sexuelle, même sans préciser la cause exacte du décès, ce qui a profondément choqué l’opinion publique.
Un drame aux conséquences larges
Cette affaire a mis en lumière d'importantes défaillances dans la gestion des signalements de violences sexuelles. Le rapport d'une mission d’inspection, publié le 22 juin, parle de « défaillances de suivi et de coordination » de l’enquête. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a quant à lui ordonné une révision des plaintes de pédocriminalité, déclarant qu’un millier de dossiers avaient été identifiés comme prioritaires.
Les réactions face à cette tragédie sont nombreuses et témoignent de l'indignation grandissante au sein des citoyens. De nombreux experts et défenseurs des droits des enfants dénoncent des lacunes persistantes dans le système de protection des mineurs en France.
Ce drame, qui continue de soulever des interrogations sur la responsabilité de la justice et la protection des enfants, pourrait bien marquer un tournant dans la manière dont ces affaires sont désormais traitées.







