Sous le soutien du Premier ministre Benyamin Netanyahou, la Knesset a adopté le 6 juillet en première lecture une loi pour établir une commission d'enquête sur les défaillances sécuritaires ayant mené à l'attaque du 7 octobre par le Hamas. Cette initiative, jugée manipulée par l'opposition, vise à éviter toute critique virulente sur la gestion sécuritaire du gouvernement.
Les membres de cette commission, composée de six individus, seraient nommés par le parlement israélien selon un système de majorité des deux tiers. Cependant, en cas de désaccord, la coalition au pouvoir et l'opposition désigneraient chacun trois membres. Ce processus, pourtant présenté comme transparent par le gouvernement, est perçu par l'opposition comme un instrument de répression et de camouflage des vérités dérangeantes.
Ofer Cassif, député communiste, a déclaré : « Cette commission destinée à mettre sous le tapis l'affaire est une gifle pour la société israélienne, particulièrement pour les familles des victimes du 7 octobre ». Cette réaction reflète l'inquiétude croissante parmi les élus, et l'appel constant à la création d'une enquête véritable et indépendante. Le président Isaac Herzog a également exprimé des réserves sur le non-respect des décisions de la Cour suprême, affirmant qu'ignorer de telles instructions serait inacceptable.
En outre, les sondages suggèrent que la majorité des Israéliens, indépendamment de leurs affiliations politiques, réclament une enquête dirigée par des membres désignés par la Cour suprême, instaurant ainsi une légitimité perdue dans le processus actuel.
La contestation autour de cette loi est d'autant plus exacerbée par des récents événements où le ministre des Communications et le ministre de la Justice ont ouvertement ignoré des décisions juridiques, mettant en péril l'État de droit en Israël. « Un gouvernement qui bafoue les décisions judiciaires n'a aucune légitimité pour exiger l'obéissance des citoyens », a avancé Cassif. Le Syndicat des journalistes a également critiqué ces développements, estimant qu'ils représentent un nouveau coup à la crédibilité du système judiciaire.
La loi concernant cette commission doit maintenant passer par la commission de la Constitution, avec des débats prévus qui pourraient aggraver les tensions politiques déjà présentes dans le pays. Dans ce contexte, les appels à une véritable enquête audacieuse se font de plus en plus pressants, tant au sein de la société civile que parmi les leaders politiques.







