Ce jeudi, le parquet allemand a accusé les autorités ukrainiennes d’avoir commandé le sabotage des gazoducs russo-allemands Nord Stream, peu après le début de l'invasion russe de l’Ukraine. Cette annonce survient juste après l'inculpation d'un premier suspect dans cette affaire.
Selon le parquet, le suspect, identifié comme Serguiï Kuznietsov, ainsi que d'autres militaires, auraient élaboré un plan d'attaque visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et 2. Ces conduites sous-marines ont été sabotées à l’explosif en septembre 2022. Kuznietsov a été arrêté en Italie en août 2025 et a été extradé vers l'Allemagne le mois suivant.
Le parquet souligne que le suspect affirmait être à l’époque des faits un commandant de l'armée ukrainienne, prétendant même se trouver en Ukraine au moment du sabotage. Néanmoins, les accusations font état de la location d’un voilier en Allemagne pour atteindre l’île danoise de Bornholm, où des charges explosives auraient été fixées sur les tuyaux avant leur activation.
Dépendance énergétique
Selon le parquet, l’objectif de cette opération était d’entraver durablement les livraisons de gaz via les gazoducs et de priver la Russie des revenus générés par le commerce du gaz naturel, qui ont été utilisés pour soutenir l’effort de guerre. Avant l'invasion, Nord Stream 1 représentait environ la moitié des besoins annuels en gaz naturel de l'Allemagne.
Depuis le lancement de Nord Stream en 2011, Berlin a été sous le feu des critiques pour avoir accru la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie. Suite à l’invasion, l'Union Européenne a dû réduire considérablement ses importations d'hydrocarbures russes, entraînant une explosion des coûts énergétiques.
L’Ukraine n’a jamais officiellement reconnu sa responsabilité dans le sabotage, bien qu'elle ait exprimé sa satisfaction envers toute action visant à affaiblir la capacité financière de Moscou pour mener sa guerre. Des experts affirment que cette situation pourrait exacerber les tensions entre les pays européens et la Russie, tout en compliquant davantage les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit.







