La ministre des sports, Marina Ferrari, a révélé ce 2 juillet 2026 un bilan alarmant : plus de 90 décès par noyade ont été recensés depuis le 19 juin. Ce drame vient s'ajouter à une tendance inquiétante, exacerbée par les vagues de chaleur que traverse la France. "Nous observons une baisse ces derniers jours, ce qui démontre le lien entre les décès et les pics de chaleur, où de nombreuses personnes cherchent à se rafraîchir dans l'eau", a-t-elle expliqué sur RMC.
Ce n'est pas un phénomène nouveau. Des rapports de Santé publique France soulignent régulièrement la relation entre les fortes chaleurs et l'augmentation des noyades. En 2024, on avait déjà déploré 576 noyades entre le 16 juillet et le 15 août, soit une hausse de 41 % par rapport à l’année précédente. Selon l'agence sanitaire, "cela était en lien probable avec les périodes de fortes chaleurs successives".
Noyades en 2025 : un été tragique
En 2025, entre juin et septembre, 1 418 noyades avaient été comptabilisées, dont 409 mortelles, représentant respectivement une augmentation de 14 % et 16 % par rapport à 2024. L'été 2025 a enregistré des températures dépassant les 35 degrés, plaçant cette saison dans les records historiques selon Météo France.
Quatre régions, dont Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, ont concentré près de la moitié des décès liés à la noyade. Ces territoires, prisés par les touristes, présentent des caractéristiques communes : ils abritent de nombreuses piscines et plans d'eau. "Ces zones sont souvent les plus touchées, surtout en période de canicule", a précisé un porte-parole de Santé publique France.
Les statistiques révèlent également une évolution du profil des victimes. En 2025, le nombre de noyades mortelles a cruellement augmenté chez les adolescents. Vingt et un jeunes âgés de 13 à 17 ans ont perdu la vie, comparativement à dix en 2024. Les données montrent qu'une majorité des mineurs se sont noyés dans des milieux naturels, tels que rivières ou étangs.
Une préoccupation croissante pour l'éducation aquatique
Alors que l'été n'est pas encore terminé, 57 enfants et adolescents ont déjà perdu la vie par noyade cette année. La ministre Ferrari a exprimé ses préoccupations, affirmant que "les jeunes doivent être surveillés de près, notamment ceux qui s’adonnent à des comportements à risque comme sauter d'un pont".
Face à cette hausse inquiétante, des solutions sont envisagées. Historiquement, la prévention passe par l’apprentissage de la natation, jugé essentiel pour la sécurité des enfants. Une circulaire de 2011 stipule que tous les élèves doivent savoir nager en toute sécurité d'ici la fin du collège.
Toutefois, certains parlementaires plaident pour un renforcement de ces mesures. Dernièrement, des députés de La France Insoumise ont proposé une loi visant à garantir l'accès à l'éducation aquatique pour tous les élèves, en introduisant l'obligation d'apprendre à nager dès le plus jeune âge. Cette initiative inclurait également un fonds national pour des cours d'école gratuits.
Alors que le changement climatique aggrave la situation, les enjeux de la sécurité aquatique deviennent de plus en plus pressants. La sensibilisation et l'éducation semblent être des leviers incontournables pour prévenir ce fléau grandissant.







