Par Matthieu Le Gall
« Beaucoup de tristesse et aussi de la colère ». Telle est l’émotion partagée par de nombreux résidents de Fleurance, où la jeune Lyhanna résidait. Sa récente disparition, suivie de la découverte tragique de son corps dans un bâtiment agricole, a profondément choqué la communauté. Le suspect, Jérôme B., qui avait déjà été l’objet de plaintes pour viol en 2022 et à nouveau en 2025, suscite des inquiétudes croissantes parmi les citoyens. La première plainte a été classée sans suite, tandis que la seconde est actuellement en cours d’instruction, ce qui soulève des questions quant à l’efficacité de la justice.
L’enquête administrative, confiée à l’inspection générale de la Justice et à l’inspection générale de la gendarmerie nationale, devra rendre compte des dysfonctionnements dans les prochaines semaines. Pour sa part, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, n’a pas tardé à dénoncer des « dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l’État ». Le gouvernement semble chercher à désigner des responsables, en s’attaquant notamment à la procureure d’Auch, perçue comme la première fautive dans cette affaire.
Les conclusions de l’enquête pourraient bien éclairer les citoyens sur les défaillances relevées, mais beaucoup s’interrogent déjà sur la responsabilité collective de nos dirigeants. Les ministres déploient des circulaires sans s’assurer de leur mise en œuvre effective auprès des administrations. La lutte contre les violences faites aux mineurs nécessite une véritable réforme politique, au-delà des simples déclarations d'intention. Comme l’a souligné le sociologue Jean-Pierre Dubois dans un entretien avec France Info, « il est impératif d’instaurer des mesures concrètes pour que la sécurité des enfants soit une priorité nationale ». Ces événements tragiques ne doivent pas rester sans conséquences, et la voix des Français peine à se faire entendre dans un système jugé défaillant.







