Le couple de propriétaires français du bar touché par un incendie tragique durant la nuit du Nouvel An à Crans-Montana a récemment été auditionné pendant près de dix heures par les procureures du canton du Valais.
Après leur troisième audition, Jessica et Jacques Moretti ont quitté le bâtiment universitaire de Sion en évitant les caméras, contrastant avec leur arrivée sous les feux des projecteurs.
« Durant ces presque dix heures, Jessica et Jacques ont répondu aux questions avec beaucoup d'émotion », a déclaré Me Yaël Hayat, leur avocate, après la séance. Elle a ajouté que pour certains, Jessica est devenu le symbole de leur douleur. « Elle a parfois l’impression que ce qui lui est reproché, c'est d'avoir survécu alors que d'autres ont perdu la vie », a-t-elle expliqué.
Cet incident a principalement touché de jeunes adultes et des adolescents, dont une majorité venait d'Italie et de France. L'incendie, qui a suscité une profonde émotion, a malheureusement causé 41 décès et 115 blessés.
Au cours de l'enquête initiale, il a été révélé que les étincelles de bougies « fontaine » avaient enflammé une mousse insonorisante située au plafond du sous-sol du bar Le Constellation. Environ 14 individus sont actuellement sous enquête pour divers chefs d'accusation, notamment l'homicide par négligence.
- Nouveau chef d'inculpation -
Lors de cette ultime audition, une nouvelle accusation a été portée contre Mme Moretti, impliquant un faux dans des documents relatifs à un achat de mousse effectué en 2015. « Cet achat est authentique, intégré dans les livres sous un autre nom, et n’a rien à voir avec la tragédie » indique le communiqué de la défense.
D'autres avocats, comme Me Christophe de Galembert représentant les parties civiles, ont insisté sur le manque d’explications concernant cette facture, soulignant l'inertie persistante de l'enquête.
Quelques proches des victimes étaient également présents lors de l'audition. Laetitia Brodard-Sitre, dont le fils, Arthur, a tragiquement perdu la vie dans cet incendie, a partagé sa douleur.« Sans le savoir, nous avons confié nos enfants à un établissement qui ne respectait pas les normes de sécurité », a-t-elle déclaré, tout en critiquant l'attitude des Moretti. « Ils ne prennent aucune responsabilité et rejettent toujours la faute sur autrui », a-t-elle ajouté, visiblement ébranlée.
- L'« Everest de la collusion » -
Depuis leur dernière audition en février, les Moretti ont eu l'occasion de se concerter. Selon plusieurs avocats des parties civiles, « on atteint l’« Everest de la collusion » », a souligné Me Gilles-Antoine Hofstetter, notant que le couple pourrait offrir un récit commun. M. Moretti, qui avait été temporairement incarcéré en janvier, a été libéré après le paiement d'une caution.
Certaines personnes impliquées dans l'enquête incluent des élus et des employés de la commune, qui avaient déjà reconnu que le bar n'avait pas été soumis à des contrôles de sécurité depuis 2019. La pression monte pour que la vérité éclate alors que d'autres auditions sont prévues dans les semaines à venir, bien que les dates restent inconnues.







