Le rêve de conquête lunaire de la Chine prend un nouvel élan. En effet, le pays a récemment lancé avec succès son vaisseau habité, le Shenzhou-23, qui s'est amarré à la station spatiale Tiangong. Cette mission historique marque un pas crucial vers l'objectif chinois d'envoyer des équipages sur la Lune d'ici 2030.
La fusée Longue-Marche 2-F a décollé à 23h08, heure locale, du centre de lancement de Jiuquan, situé dans le désert de Gobi, propulsant trois taïkonautes vers l'espace. Au cœur de cette mission, un taïkonaute se distinguera en passant une année complète en orbite. Ce séjour prolongé vise à étudier les effets de la microgravité sur le corps humain, un enjeu primordial pour les futures missions vers la Lune et Mars.
Les membres de l'équipage réaliseront divers projets scientifiques dans des domaines variés, tels que la biologie, les matériaux et la médecine. Cet effort s'inscrit dans une démarche plus large pour comprendre comment la longévité en orbite affecte la santé humaine. L'astrophysicien Richard de Grijs, professeur à l’Université Macquarie en Australie, a souligné que les effets de la microgravité peuvent inclure la perte de densité osseuse et d'autres défis physiologiques.
Une course spatiale de haut vol
La mission Shenzhou-23 se déroule dans un contexte concurrentiel, avec les États-Unis avançant également dans leur programme Artemis. La Chine, pour sa part, aspire à établir une base scientifique habitée sur la Lune d'ici 2035, renforçant ainsi sa position sur la scène spatiale internationale. D'ici fin 2026, elle prévoit d'accueillir un taïkonaute étranger à bord de sa station Tiangong, un pas symbolique vers une collaboration spatiale internationale.
Depuis trois décennies, la Chine investit massivement dans ses programmes spatiaux, cherchant à rivaliser avec des géants comme les États-Unis et la Russie. En 2019, elle avait déjà marqué l'histoire en posant un rover sur la face cachée de la Lune, un exploit sans précédent, suivi par l'atterrissage d'un robot sur Mars en 2021. Cette ambition croissante entre dans le cadre d'une politique spatiale indépendante, particulièrement mise en lumière depuis l'exclusion de Pékin de la Station spatiale internationale en 2011.
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