Au Yémen, des familles forcées à subsister avec des feuilles pour survivre

Saeedah, 65 ans, lutte pour nourrir ses petits-enfants avec des feuilles au Yémen.
Au Yémen, des familles forcées à subsister avec des feuilles pour survivre
©Ahmed al-Basha, AFP - Saeedah Mohammed, une déplacée yéménite, nourrit ses petits-enfants avec des feuilles bouillies dans leur tente du camp d'Al-Manij, près de Taëz, dans le sud ouest du Yémen, le 21 mai 2

Saeedah Mohammed, âgée de 65 ans, sillonne les abords de son camp de déplacés dans le sud du Yémen, un sac en plastique à la main. Elle cueille des feuilles de Halas, un arbre local, pour apaiser la faim de ses petits-enfants. À cet endroit de désolation, la grisaille des tentes contraste avec les collines verdoyantes qui s'étendent sous un ciel éclatant.

La situation vécue par Saeedah n'est pas une exception. Au camp de déplacés d'Al-Manij, près de Taëz, la réalité est crue : des vêtements décolorés sèchent entre des arbres stériles, et des déchets jonchent le sol, témoignant d'un quotidien marqué par le dénuement. L'arrêt de l'aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM), qui soutenait sa famille depuis des années, a plongé cette mère et ses deux filles dans un état d'extrême précarité.

« Depuis plus de six mois, nous n'avons plus reçu d'aide », explique-t-elle, nerveuse, tout en cherchant des feuilles qu'elle ramène à sa tente. Dans ce foyer rudimentaire, elle prépare un repas minimaliste faisant bouillir ces feuilles avec une pincée de sel, nourrissant ses petits-enfants qui, selon leurs dires, n'ont pas goûté la viande depuis si longtemps qu'ils en ont perdu la mémoire. « On dort le ventre vide, on se réveille sans petit-déjeuner », confie-t-elle avec amertume.

Le Yémen, éprouvé par plus d'une décennie de conflits internes, est devenu le pays le plus pauvre de la péninsule arabique. Selon l'ONU, le pays compte aujourd'hui plus de 4,5 millions de déplacés internes. Avec un financement humanitaire en chute libre, Saeedah et sa famille doivent se débrouiller pour subsister, allant jusqu'à mendier ou fouiller dans les déchets pour récupérer de quoi se nourrir.

« Il n'y a plus personne pour nous aider. Les gens nous ont oubliés ; nous ne comptons plus », lâche Saeedah, le regard embué par la souffrance. En 2015, elle avait fui son village alors que les bombs tombaient. « J'ai perdu ma maison et mes animaux à cause des combats », se souvient-elle, imperturbable malgré la douleur. À cette période tragique, il est essentiel de rappeler l'importance d'une aide internationale durable pour apporter un véritable soutien aux millions de personnes dans cette situation désespérée.

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