Les amoureux de la montagne sont sous le choc : la croix qui marquait le sommet de l'Aneto, culminant à 3.404 mètres, n'est plus. Les randonneurs, habitués à admirer cette structure majestueuse, ont remarqué son absence lors de leurs excursions.
Informé par des randonneurs, le maire de Benasque a immédiatement alerté la police locale. La Guardia Civil a déclaré qu'une enquête était en cours pour déterminer ce qui s'est réellement passé. "Cet acte s'attaque à notre patrimoine", a-t-il exprimé sur les réseaux sociaux, appelant à la protection de l'héritage culturel.
Les agents du groupe de secours en montagne de la Garde civile explorent actuellement la région pour tenter de retrouver la croix, sectionnée à l'aide d'une meuleuse. "Personne ne sait qui pourrait avoir fait cela, et il n'y a eu aucune revendication de cet acte", témoigne Nacho Segorbe, un guide de haute montagne avec 25 ans d'expérience à Benasque, lors de son entretien avec BFM.
La croix a pu rouler n'importe où
La communauté locale, comprenant environ 2.000 habitants, est abasourdie par cette nouvelle. "La réinstallation de la croix, suite à sa rénovation en 2025, avait été un événement festif. Tout le monde voulait prendre des photos avec elle!", se remémore Segorbe.
Lors de sa restauration, elle avait nécessité l'effort d'une dizaine de porteurs pour être déplacée. D'après Segorbe, le ou les perturbateurs n'auraient pas pu transporter la croix mais l’auraient simplement fait tomber dans le vide. "Avec des falaises de plus de 300 mètres aux alentours, la croix pourrait avoir roulé loin, couverte de neige et de végétation. Il faudra attendre le dégel pour espérer la retrouver", a-t-il ajouté.
Des préparatifs pour le ski de randonnée
Alors que la saison de ski tire à sa fin, de nombreux randonneurs se dirigent vers l'Aneto. "Le sommet est emblématique et un peu isolé du reste de la chaîne de montagnes", précise Morgan Périssé, un guide de montagne. L'accès, bien qu'exigeant pour les novices, est gérable pour les randonneurs expérimentés.
Les experts de la région soulignent également que l'ascension, malgré ses difficultés potentielles, ne justifie pas un retrait aussi extravagant de la croix. "Transporter une croix découpée parait extrêmement peu probable", a noté Périssé.
L'éventuel mobile anti-religieux
La récente restauration de la croix avait été couverte par la Cadena Ser, soulignant l'initiative de Luis de Quadras y Feliu, président du Centre excursionniste de Catalogne, qui l'avait érigée en 1951. Pour Patrick Lagleize, président du bureau des guides de Luchon, la croix n'est qu'un symbole montagnard, sans connotation religieuse. "Elle représente la beauté du sommet, peu importe les croyances", explique-t-il.
Cependant, l'idée d'un acte anti-religieux est jugée peu convaincante par Segorbe, soulevant le fait que d'autres symboles religieux voisins, comme une statue de la Vierge du Pilar, n'ont pas été touchés. "Si c'était un acte anti-catholique, ils auraient tout détruit", ajoute-t-il.
Cet incident relance le débat en Espagne sur la présence de symboles religieux en montagne. Notons également que quelques jours après la disparition de la croix de l'Aneto, une autre croix a disparu sur la montagne de Gratal, dans la même région, rapportent nos confrères d'Heraldo.
Rester vigilant face à ces actes
Pour beaucoup, cette disparition soulève des inquiétudes concernant la sécurité des sites emblématiques de montagne. Les défenseurs de la nature, impliqués dans des actes similaires dans le passé, ont été évoqués par Lagleize comme potentiellement liés. "Il est essentiel de veiller à la préservation de notre environnement sans commettre d'irrespect envers l'héritage culturel", conclut-il.







