Face à la montée des tensions au Moyen-Orient, le gouvernement français a révisé ses prévisions de croissance pour 2026, la ramenant à 0,9%, en baisse d'un dixième de point par rapport aux estimations précédentes.
Selon le récent rapport du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), présenté le 22 avril, le nouveau cadre macroéconomique du gouvernement est jugé "cohérent", mais il dépend fortement de l'évolution des événements géopolitiques. En effet, le rapport énonce que tout changement significatif dans le conflit pourrait avoir des répercussions majeures sur les finances publiques.
Dans son document d'avancement, le gouvernement a également augmenté ses prévisions d'inflation, passant de 1,3% à 1,9%. Le HCFP note que malgré une hausse des prix du carburant, cet enjeu n'a pas généré de surplus pour les recettes fiscales, et il devrait plutôt s'accompagner d'une contraction de l'activité économique. De plus, l'augmentation probable du SMIC cet été pourrait nécessiter des allègements de cotisations sociales, ce qui alourdirait la situation financière.
Un manque de marge budgétaire avant le conflit
Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes, a souligné qu'"l'exercice 2026 a démarré sans marge budgétaire même avant le début du conflit". Elle a également exprimé des préoccupations concernant les prévisions gouvernementales, évoquant des économies réalisées de quatre milliards d'euros, alors que les annonces récentes parlaient de six milliards. Cette situation soulève des inquiétudes et des interrogations sur les capacités de réaction face à une crise économique annoncée.
Cette analyse a été corroborée par des économistes de l'INSEE, qui insistent sur la nécessité d'actions budgétaires prudentes pour éviter un dérapage financier, compte tenu de l'incertitude persistante dans le climat économique européen.







