Dans un village roumain près de la Tisza, un ancien soldat ukrainien raconte son parcours risqué pour échapper à une guerre interminable. S'appellant Bogdan, il a bravé le danger pour traverser une rivière gelée et fuir l'enfer du front.
Après quatre ans de conflit, de nombreux soldats ukrainiens deviennent des désillusionnés, poussés par l'épuisement et les atrocités vécues. Selon des statistiques, près de 25% des militaires, soit plus de 250 000 hommes, ont abandonné leur poste ou ne sont pas revenus de permission. Près de la moitié de ces désertions se seraient produites en 2025.
Pour échapper à la mobilisation obligatoire, plusieurs choisissent de traverser clandestinement les Carpates ou la Tisza. Ces routes, bien que périlleuses, sont les seules options pour une vie meilleure, mais elles ont coûté la vie à des dizaines de soldats.
Dans son récit, Bogdan exprime son dilemme : bien que le sentiment d'avoir trahi ses camarades le ronge, il déclare : "Je préfère être un traître vivant qu'un héros mort." Ses collègues restés au front le conseillent : "Sois heureux d’être à l’étranger. Ici, chacun rêve de partir."
Manque de ressources et corruption révélée
Engagé volontaire, Bogdan évoque l'adrénaline du combat à Kherson, mais aussi les dérives qu'il a rencontrées. Il dénonce la corruption : "Certaines unités comptent des soldats qui n'ont jamais été sur le terrain. Ils paient une partie de leur salaire à leur commandant pour éviter le combat," explique-t-il.
"Dans notre peloton, sur 24, seuls 12 partaient en mission. Les autres trouvaient des moyens pour éviter d'y aller, mais pour la hiérarchie, tout semblait en ordre."
Un soldat ukrainien réfugié en Roumanie, dans "Envoyé spécial".
Ce témoignage poignant met en lumière des réalités souvent ignorées de ce conflit douloureux, renforçant l'idée que la survie prend parfois le pas sur l'héroïsme.







