Le pape Léon XIV entame sa première tournée internationale depuis son élection, débutant par une visite historique en Algérie. À son arrivée, il a lancé un appel au « pardon », un message fort dans le cadre de la première visite d'un pape dans un pays largement musulman. Cependant, son séjour a été terni par des critiques acerbes de Donald Trump qui a exprimé son mécontentement envers le pape. Dans l’avion direction Alger, le pontife a déclaré qu'il ne souhaitait pas s’engager dans un débat avec le président américain et qu’il n'avait aucune peur face à ses attaques.
Dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient exacerbe les tensions mondiales, Trump a qualifié Léon XIV de "FAIBLE" concernant les questions de politique étrangère sur son réseau social. En réponse, les évêques italiens et américains ont exprimé leur soutien au pape, tandis que la Première ministre italienne, malgré ses affinités avec Trump, a souhaité à Léon un voyage couronné de succès, soulignant l'importance de son message.
« Esprit réconcilié »
Lors de sa première journée en Algérie, il a déposé une gerbe de roses blanches devant le monument des martyrs, commémorant les victimes de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). Dans une ambiance où le climat pluvieux et la sécurité étaient accrus, il a pris un moment de silence pour réfléchir. "La paix n'est réalisable que par le pardon", a-t-il martelé, encourageant à ne pas perpétuer les ressentiments à travers les générations.
Les historiens rappellent que la colonisation française, débutée en 1830, a entraîné des atrocités et des destructions massives au sein de la société algérienne. Plus tôt dans la journée, le pape a été chaleureusement accueilli par le président Abdelmadjid Tebboune et a prononcé un discours en présence des autorités locales et du corps diplomatique.
Célébration interreligieuse
Plus tard dans la journée, Léon XIV doit visiter la Grande Mosquée d'Alger, où il rencontrera des représentants musulmans, avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d’Afrique. Cet événement interreligieux, réunissant chrétiens et musulmans, sera l'occasion pour le pape de prôner la fraternité dans ce pays où l’islam sunnite est religion d’État et où les catholiques ne représentent qu’une infime partie de la population de 47 millions d'habitants.
Ce déplacement marque le début d'une tournée de onze jours qui comprendra des étapes au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. Léon XIV, à 70 ans, parcourt un total de 18 000 km pour transmettre son message.
Fleurs et drapeaux
Pour la visite, la capitale algérienne a revêtu ses plus belles décorations, avec des fleurs et des drapeaux blancs et jaunes du Vatican ornant les routes. Néanmoins, aucun bain de foule n'est prévu. Lundi, le pape se recueillera également en privé dans la chapelle des 19 martyrs algériens, des religieux assassinés durant la guerre civile (1992-2002). Il poursuivra ensuite son pèlerinage personnel par une visite à Annaba, la ville natale de Saint Augustin, figure chrétienne emblématique.
En amont de sa visite, Léon a exprimé l'importance de ce voyage, rappelant que Saint Augustin est un symbole essentiel du dialogue interreligieux. Dès son élection en mai 2025, il s'est présenté comme un "fils de Saint Augustin", reflet de son attachement aux valeurs d'échange et de communication.







