De nouvelles frappes ont secoué l'Iran jeudi, alors que le président américain Donald Trump a menacé d'intensifier les bombardements. En réponse, Téhéran a promis des attaques "dévastatrices" à l'encontre des États-Unis et d'Israël.
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, a exprimé son inquiétude face à une possible escalade du conflit, soulignant que la situation au Moyen-Orient, déjà marquée par des milliers de pertes humaines, pourrait avoir des retombées dramatiques à l'échelle mondiale.
En pleine célébration de la Pâque juive, Israël a fait état d'attaques en provenance d'Iran et de son allié libanais, le Hezbollah, ainsi que des rebelles houthis basés au Yémen. Les Émirats arabes unis ont également signalé des interceptions de drones iraniens, tandis qu'un drone a visé une installation logistique américaine à Bagdad.
L'armée iranienne a déclaré qu'elle était prête à mener des opérations "dévastatrices" et à humilier ses ennemis, répondant directement aux déclarations belliqueuses de Donald Trump, qui a évoqué un retour de l'Iran "à l'âge de pierre" par des frappes prolongées.
L'espoir d'une désescalade semble s'éloigner, alors que l'offensive, qui a débuté le 28 février, fragilise déjà l'économie mondiale, notamment à cause du blocage du détroit d'Ormuz, une artère essentielle pour le transport du pétrole mondial.
- Chicha malgré les frappes -
Les frappes ont provoqué des tremblements dans plusieurs quartiers de Téhéran, endommageant même des infrastructures comme l’Institut Pasteur. Un pont à Karaj a également été frappé à deux reprises. Donald Trump a réagi en exhortant Téhéran à conclure un accord, tout en célébrant la destruction d'infrastructures iraniennes.
Cette offensive s'est également manifestée par des attaques ciblant l'aéroport de Machhad, ce qui a incité les deux plus grandes aciéries iraniennes à suspendre leurs activités.
Malgré cette atmosphère de conflits, certains Téhéranais ont choisi de profiter des dernières heures des festivités de Norouz, célébrant le Nouvel an persan dans des parcs avec des barbecues, témoignant ainsi d'une résilience face à la crise.
"J’espère que nos soldats tiendront bon face à Trump", a déclaré Parastou Safiani, une jeune Téhéranaise de 28 ans, à l'AFP.
- "Impuissants" -
Parallèlement, la volatilité du marché pétrolier s'est intensifiée suite aux déclarations de Trump, ravivant les craintes d'une inflation mondiale exacerbée par le blocage du détroit d'Ormuz. Une quarantaine de pays ont appelé à la réouverture immédiate de ce passage maritime, accusant l'Iran de faire pression sur l'économie mondiale. En réponse, Téhéran a commencé à élaborer des protocoles avec Oman pour garantir la sécurité maritime.
Le détroit d'Ormuz est crucial pour le transport de 20 % du pétrole mondial, et sa fermeture impacte non seulement l'économie iranienne, mais aussi celle d'autres nations, comme le Bhoutan où les prix à la pompe ont grimpé de plus de 60%, selon Karma Kalden, un citoyen local.
En Irak, les revenus pétroliers ont chuté de 70% en mars par rapport à février, et le pays a commencé à exporter du pétrole par des voies terrestres via la Syrie instable. Les répercussions du conflit engendrent des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire, les engrais étant également touchés par le blocage maritime. L'Italie a proposé un "corridor humanitaire" pour faciliter l'acheminement de ces produits.
Bien que quelques navires continuent de circuler dans le détroit, le volume du trafic a diminué de 93% par rapport à la période de paix, d'après Kpler, une société spécialisée dans l'analyse maritime.
Les États du Golfe, particulièrement exposés aux exportations d'hydrocarbures, ont demandé la possibilité d'utiliser la force pour assurer la sécurité dans le détroit. Cependant, des pays comme la Russie, la Chine et la France, dotés d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, s'opposent fermement à cette idée. Emmanuel Macron a qualifié une intervention militaire de "solution irréaliste".
- "Perspectives très alarmantes" -
Pékin a désigné les attaques américano-israéliennes comme la principale cause des tensions actuelles et a appelé à des négociations urgentes. Vladimir Poutine et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane ont également plaidé pour un retour à la paix.
Au Liban, la guerre entre le Hezbollah et Israël a causé plus de 1.300 décès et déplacé plus d'un million de personnes. Amy Pope, directrice de l’Organisation internationale pour les migrations, a exprimé des préoccupations quant aux conséquences d’une telle crise prolongée, tandis que 18 pays européens ont exigé la cessation des hostilités.







