Alors que les tensions au Moyen-Orient s'intensifient, les Houthis yéménites ont franchi un cap en frappant Israël, promettant des répercussions sur le commerce maritime mondial. Depuis le début des hostilités le 28 mars, ces miliciens, soutenus par l'Iran, ont ciblé des installations militaires, marquant ainsi une escalade inquiétante.
« Nous avons une responsabilité qui nous pousse à agir », a déclaré Mohammed Mansour, vice-ministre de l'Information des Houthis, dans une interview à Al-Monitor. Cette déclaration révèle leurs ambitions de perturber le transit maritime si des pays du Golfe interviennent militairement.
Avec des acteurs comme le Hamas et le Hezbollah, les Houthis composent un « axe de résistance » contre l'État hébreu. Leur menace de fermer le détroit de Bab-al-Mandab pourrait avoir des conséquences catastrophiques sur le commerce maritime international.
20 000 navires par an
Ce détroit, qui relie la mer Rouge et le golfe d'Aden, est un passage crucial pour le transport maritime. Selon Luca Baccarini, chercheur associé à l'Iris, ce couloir maritime étroit permet le transit de 20 000 navires chaque année. Un rapport de l’Energy Information Administration révèle que, en 2013, 3,8 millions de barils de pétrole passaient quotidiennement par ce point stratégique.
En dépit des tensions croissantes, l'Arabie saoudite a commencé à rediriger ses exportations vers le port de Yanbu afin d’éviter de dépendre de voies déjà risquées.
Un « risque majeur » pour l’économie
Le contrôle des Houthis sur le trafic maritime représente un défi significatif. Leur arsenal de missiles et de drones leur permet de surveiller et de perturber les opérations en mer Rouge. « Ils disposent de moyens conséquents », avertit le général Jérôme Pellistrandi sur BFMTV.
Un détour par l’Afrique du Sud ?
Les récentes attaques houthies ont suscité des préoccupations sur les marchés. Chris Weston, membre de la plate-forme de trading Pepperstone, explique que tout blocage du détroit pourrait engendrer une hausse des coûts d'assurance et un envol des prix du pétrole. Si le passage était fermé, les navires devraient contourner l'Afrique via le cap de Bonne-Espérance, une alternative coûteuse.
Les pétromonarchies du Golfe, déjà confrontées à des provocations iraniennes, pourraient réagir aux nouvelles menaces si la situation venait à se détériorer davantage. Hesham Al-Ghannam, expert en sécurité, n'exclut pas des « représailles » de Riyad en cas d'escalade.







