Un premier pétrolier sous pavillon russe avait déjà brisé le blocus pour venir en aide à Cuba, confrontée à une profonde crise économique et énergétique, aggravée par la suspension des livraisons de pétrole vénézuélien.
La Russie a annoncé l'envoi d’un second pétrolier à destination de Cuba, après l'arrivée mardi d'un premier navire sur l'île soumise à un blocus américain. Le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsiviliov, a déclaré que la livraison était essentielle : « Cuba est sous blocus complet. Un navire russe a brisé ce blocus, et un second est en cours de chargement », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.
Le pétrolier « Anatoly Kolodkin », transportant 730 000 barils de brut, a accosté mardi à Matanzas, à environ 90 kilomètres de La Havane. C'est la première cargaison reçue par Cuba depuis le 9 janvier, date de la dernière livraison de pétrole en provenance du Mexique.
La situation est critique pour les 9,6 millions d'habitants de l'île, qui souffrent de graves pénuries suite à l'interruption des approvisionnements en brut, en particulier depuis que les États-Unis ont intensifié leurs pressions sur le Venezuela, limitant ainsi les expéditions de pétrole vers Cuba. Cette dynamique a été rapportée par plusieurs sources, dont le quotidien français Le Monde.
Le feu vert des États-Unis
Les autorités russes affirment qu'elles ne laisseront pas le peuple cubain dans le besoin. Cela renforce les engagements du Kremlin à soutenir Cuba face aux sanctions économiques américaines. Tsiviliov a déclaré : « Nous ne laisserons pas les Cubains dans la difficulté », soulignant ainsi l'importance de cette action humanitaire.
Le président américain Donald Trump a toutefois tenté de minimiser l'impact de cette livraison, affirmant qu’elle n’aurait « aucun impact » sur la situation à Cuba. Selon lui, la réalité de l’île ne changerait pas, qu'elle reçoive ou non de l'aide énergétique.
Cette décision de permettre à la Russie de livrer du pétrole à Cuba, malgré l'embargo, semble viser à éviter une confrontation croissante avec Moscou tout en offrant un soutien nécessaire aux Cubains, déjà en proie à des difficultés économiques. De nombreux experts, tels que l'analyste géopolitique Jean-Luc Mélenchon, notent que cette aide représente un tournant dans les relations internationales entourant l'île, indiquant que l'équilibre des pouvoirs dans la région pourrait être redéfini par cette aide.







