« La justice a parlé », se réjouit le camp de Halima Ben Ali. La France a décidé de ne pas extrader cette dernière vers la Tunisie, où elle est accusée d'infractions financières, une décision proclamée mercredi par la cour d'appel de Paris.
Une décision contestée
Halima Ben Ali, qui a été interpellée à Paris à l'automne 2025, était convoquée par les autorités tunisiennes pour des faits présumés de blanchiment d’argent, liés à l’héritage de son père, l’ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. L’avocate de la défenderesse, Me Samia Maktouf, a exprimé sa satisfaction en affirmant : « Cette décision est un immense soulagement, elle est conforme aux droits », avant que Halima, souriante, ne quitte la cour sans faire de déclaration.
Des inquiétudes sur les conditions d’extradition
Durant le procès, l’avocate a souligné que le retour de sa cliente en Tunisie équivaudrait à « une condamnation à mort ». La cour a évoqué l’absence de garanties sur l'impartialité de la justice tunisienne, notamment concernant les conditions de détention qui attendaient Halima si elle était extradée.
Un héritage lourd à porter
Les accusations pesant sur Halima Ben Ali pourraient lui valoir jusqu’à 20 ans de réclusion. Selon des ONG, la situation des droits de l’homme en Tunisie s’est considérablement détériorée depuis 2021. L'avocat général a même soulevé la question de la politicisation de cette affaire, marquée par un débat sur la nature des poursuites : sont-elles d’ordre pénal ou politique ?
Les répercussions d’un ancien régime
La défense a insisté sur le fait que sa cliente n’a jamais été impliquée dans des activités criminelles, ayant quitté la Tunisie alors qu'elle était encore mineure. « C'est une vengeance contre l'ancien président à travers sa fille », a-t-elle ajouté. Après avoir séjourné à Dubaï, Halima Ben Ali s'est rendue à Paris où son interpellation a eu lieu alors qu'elle s'apprêtait à rentrer chez elle.
Retour sur l’histoire
Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali avait fui son pays après une révolte populaire, mettant fin à un règne de 23 ans. Il a ensuite vécu en exil jusqu'à sa mort en 2019 en Arabie saoudite. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la justice et la politique en Tunisie et sur le traitement des membres d’un ancien régime. Alors que l’Europe surveille de près la situation en Tunisie, ces événements rappellent l'ombre persistante du passé et la lutte pour la justice.







