« Il arrivait droit sur moi. Il n’a fait aucun geste pour m’éviter. J’ai donné un grand coup de volant, lui a continué tout droit. » Cette déclaration saisissante provient d'un ancien policier à la retraite, l'un des témoins auditionnés ce lundi à Gérone, là où un conducteur français se retrouve sur le banc des accusés pour un drame survenu au bord de l’autoroute AP-7, près du Perthus.
Depuis vendredi, ce jeune homme est mis en cause pour homicide volontaire, après avoir provoqué une collision frontale en circulant délibérément à contresens. Le procureur de Gérone a requis une peine de 19 ans de prison.
Le procès s'est intensifié ce lundi avec des témoignages marquants. Parmi eux, un automobiliste a raconté la frayeur qu'il a vécue en croisant ce véhicule lancée à toute vitesse à contre-sens. La victime, un chauffeur de taxi polonais de 61 ans, a tragiquement perdu la vie dans cet accident survenu le 10 juin 2023 aux alentours de 23 heures.
Le jeune conducteur, originaire de l’Aveyron, revenait d’une excursion en Espagne avec 15,29 kg de marijuana et 1,32 kg de haschisch dans son véhicule, une marchandise évaluée à environ 32 000 euros. Face à un contrôle de police, il a tenté de fuir en faisant demi-tour sur l’autoroute, roulant ainsi plusieurs kilomètres à contre-sens avant de percuter de plein fouet la voiture de la victime.
Les récits d'une fuite à vive allure
Les enquêteurs ont révélé que la police française avait reçu de nombreuses alertes concernant ce véhicule dangereux. Les témoins ont décrit des manœuvres d’urgence pour éviter la collision, et un chauffeur de bus transportant des enfants a également dû réagir face à cette situation des plus critiques. Le policier qui a assisté à l'accident a déclaré : « Nous avons compris qu’un accident venait de se produire », ajoutant qu'il a tenté de protéger l'accusé de la colère de plusieurs automobilistes.
Un circonstance contestée
Au cœur des débats, la qualification pénale du comportement du jeune homme fait controverse. Le procureur affirme qu'il s'agit d'un cas d’homicide volontaire, soulignant la gravité de la situation en roulant sciemment à contre-sens. En revanche, la défense plaide pour une réaction de panique, rappelant que l'accusé, âgé de 22 ans, sans antécédents judiciaires, s’est exprimé sur ses regrets. Son avocat fait valoir qu’il n’avait « ni intention homicide ni intention suicidaire », évoquant également une dépendance importante à des substances psychoactives.
Le verdict est attendu jeudi prochain, tandis que la défense se prépare à argumenter davantage sur les circonstances atténuantes de ce drame causé par un moment de désespoir et de confusion. Ce procès, qui soulève des questions éthiques sur la responsabilité au volant et la consommation de drogue, révèle d’innombrables tragédies potentielles sur nos routes.







