La justice suisse a pris la décision de libérer, le 23 janvier, Jacques Moretti, copropriétaire du bar ravagé par un incendie à Crans-Montana. Cette décision a causé un choc profond chez les familles des victimes, qui voient cela comme une nouvelle injustice après le drame tragique survenu lors de la nuit du Nouvel An.
La colère est palpable parmi les proches des victimes. Jacques Moretti, âgé de 49 ans, a retrouvé la liberté après avoir versé une caution de 215 000 euros. Coline Lanseigne, victime de l'incendie, vient pour sa part de sortir du coma. Pour elle, cette libération est inacceptable. Elle déclare : "Aujourd'hui, je dois réapprendre à marcher, à manger. Et lui, on donne 200 000 euros et lui est libéré. Des gens comme moi guérissent lentement. Ce n'est pas admissible !"
Laetitia Brocard-Sitre, dont le fils Arthur a perdu la vie dans l'incendie, a également exprimé son indignation. Elle souligne qu'un soutien financier anonyme a permis la libération de Moretti, avec des interrogations sur la provenance de ces fonds : "J'espère que l'argent n'est pas d'origine douteuse," confie-t-elle.
Le risque de pression sur les victimes
Bien que Jacques Moretti soit libre, il doit respecter des conditions strictes : interdiction de quitter le pays et pointage quotidien au commissariat. Lui et son épouse sont sous enquête pour homicide par négligence suite à cette tragédie, qui a causé la mort de 40 personnes, principalement des jeunes. Le risque que cette libération influente les témoignages inquiète Me Romain Jordan, l'avocat des familles touchées, qui craint un possible manque de transparence dans l'enquête.
Les Moretti, à travers leurs avocats, affirment leur volonté de coopérer pleinement avec la justice. Cependant, l'affaire prend une dimension internationale, le gouvernement italien ayant manifesté son indignation à propos de la remise en liberté de Moretti, soulignant l'ampleur du drame qui a touché tant de familles.







