Ce jeudi 6 mars à Vannes, Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien, a reconnu avoir commis des actes atroces sur Orianne, une de ses victimes, alors qu’elle n’avait que dix ans. L’audience dans le département du Morbihan a permis à Orianne de libérer sa parole, confirmant qu'elle 'espérait clore ces années de souffrances pour enfin vivre'.
Auditionnée par visioconférence, Orianne a partagé les détails graves des abus auxquels elle a été soumise, décrivant des événements tragiques qui se sont déroulés durant son séjour à l’hôpital. 'Il a brisé ma vie et je veux qu'il m'entende', a-t-elle déclaré, énonçant une souffrance qui l’obsède depuis plus de trois décennies. Elle a révélé que pendant son hospitalisation, le chirurgien avait isolé les patients de sa chambre pour pouvoir l’agresser, explique Le Monde.
Alors qu'elle souffrait de traumatismes, Orianne a tenté de parler de son expérience à ses parents, mais elle a été confrontée à l’incompréhension, souvent solennellement silencieuse. 'Personne ne m’a crue', se souvient-elle tristement. Sa première visite chez un gynécologue à l'âge de treize ans, lui a seulement valu une question anodine sur le sport, sans qu’aucune attention soit portée sur ses abus passés.
Joël Le Scouarnec, âgé de 74 ans, a, pour la première fois, reconnu ses abus mais a précisé qu’il ne se souvenait pas des détails. 'J’ai effectivement reconnu être la personne qu'elle a décrite, mais je n’ai gardé aucun souvenir', a-t-il exprimé, tout en s’excusant, selon France Info. Les avocats d’Orianne se sont montrés sceptiques sur la sincérité de ces excuses, notant que bien que les aveux soient présents, ils semblent dénués d’émotion. 'Il y a des excuses, mais aussi des aveux. C’est une circonstance qui mérite d’être examinée avec attention', a déclaré Me Louise Aubret, l'une des avocates d’Orianne.
Un autre témoignage a suivi celui d’Orianne, d’une victime qui, à neuf ans, a également subi les abus de Le Scouarnec. Claires dans leurs détails, ces histoires de violences ont permis à la cour de comprendre l’ampleur des crimes perpétrés par l’accusé, souvent dissimulés sous le vernis d’une vocation médicale.
Les répercussions de cette affaire mettent en lumière l’importance de croire et de soutenir les victimes. Des experts en psychologie affirment que la violence de ce type ne laisse pas de cicatrices visibles, mais affecte chaque aspect de la vie des survivants. La justice française va devoir évaluer non seulement les actes commis, mais aussi ce que le système a manqué de prévenir pour éviter d’autres souffrances. L’affaire Le Scouarnec s’inscrit ainsi comme un sombre rappel des violences sexuelles que de nombreuses victimes portent en silence.







