Un verdict qui souligne l'instabilité politique en Corée
Le 16 janvier, un tribunal de Séoul a condamné Yoon Suk Yeol, l'ancien président de la Corée du Sud, à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. Cette décision fait suite à sa tentative avortée d'imposer la loi martiale fin 2024, une manœuvre qui a marqué une période tumultueuse dans l'histoire politique du pays.
Dans une déclaration rigoureuse, le juge Baek Dae-hyun a exprimé que l'attitude de l'accusé « méprisait la Constitution », soulignant ainsi la gravité de ses actes. Yoon, âgé de 65 ans, a déjà été au cœur d'une crise politique entraînant sa destitution, un événement sans précédent depuis le retour à la démocratie de la Corée du Sud dans les années 1990. Des manifestations massives avaient été déclenchées, témoignant du mécontentement populaire face à son gouvernement.
Paradoxalement, Yoon, ancien procureur réputé, se retrouve désormais à la tête d'une série de procédures judiciaires, dont un procès principal pour insurrection, où la peine de mort a été envisagée. Des experts de la politique sud-coréenne, cités par Le Monde, estiment que ces poursuites pourraient profondément affecter la dynamique politique jusqu’aux élections présidentielles prévues.
La tentative de Yoon d'instaurer la loi martiale a été justifiée par un prétendu blocage du budget par des députés d'opposition, une mesure considérée comme un retour aux pratiques autoritaires des décennies précédentes. En effet, sa déclaration d'état d'urgence a été rapidement annulée par le Parlement, renforçant ainsi les allégations d'abus de pouvoir.
Yoon a affirmé qu’il avait agi dans le but de sauvegarder l'ordre et la souveraineté du pays. « Il ne s’agissait pas d’une dictature militaire réprimant les citoyens », a-t-il défendu lors de sa dernière allocution, une position remise en question par plusieurs analystes politiques qui soulignent le danger d'une institutionnalisation de la violence politique.
Les événements récents montrent à quel point la Corée du Sud reste en proie à des luttes internes et à des tensions sociales, alors que le verdict concernant son procès pour insurrection est attendu le 19 février 2025. Pour beaucoup, ce procès est plus qu'une simple responsabilité légale ; il est perçu comme un test décisif de la résilience démocratique de la nation.







