Quatre jeunes, âgés de 17 à 21 ans, ont été appréhendés dans la région de Pau, soupçonnés de concevoir et de commercialiser des armes à feu grâce à une imprimante 3D, comme le relate La République des Pyrénées. L’intervention, réalisée le 9 juin, a permis de découvrir un véritable atelier clandestin situé dans un garage à Soumoulou, entre Pau et Tarbes.
Les quatre individus ont été inculpés pour avoir enfreint la législation concernant les armes. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire. D’après les premières investigations, ils auraient produit plusieurs dizaines de pistolets, dont la vente a été réalisée entre Pau et Toulouse, rapportent les infos de Nouvelle Aquitaine.
Une enquête déclenchée par hasard
Tout a débuté lors d’un contrôle routier. En avril dernier, des agents de la police découvrent une arme de type Glock dans une voiture stationnée à la gare Matabiau à Toulouse. Surprise : l’objet est manifestement plus léger qu’une arme traditionnelle. Une analyse démontre rapidement qu’il s’agit d’un pistolet fabriqué par impression 3D en matériaux polymères. Dans les semaines suivantes, d’autres armes identiques sont retrouvées dans diverses affaires, impliquées dans des trafics de drogue ou des vols de véhicules.
Les enquêteurs parviennent à remonter la filière, jusqu’à localiser les suspects dans le Béarn. Des traces ADN retrouvées sur plusieurs armes permettent de les identifier, ainsi que leur laboratoire : un garage loué à Soumoulou. Lors de la perquisition, une véritable opération artisanale est mise à jour. Les enquêteurs découvrent une imprimante 3D, un espace de montage, et même des munitions. Bien que de plus petite échelle, l’installation est suffisamment organisée pour permettre une production en série.
Des ventes discrètes… mais efficaces
Les armes étaient principalement vendues en ligne, souvent via des messageries chiffrées, et livrées dans des casiers automatiques, comme de simples colis. Les recherches suggèrent que chaque pistolet était écoulé à environ 300 euros. Environ trente armes auraient ainsi été produites et mises en circulation. Ce mode opératoire met en lumière la facilité d’accès à de telles fabrications.
Ce cas illustre une évolution inquiétante de la criminalité. Les armes faites maison par impression 3D, plus légères et potentiellement moins traçables, commencent à apparaître dans les dossiers criminels en France. Dans ce dossier, plusieurs individus étaient déjà connus des forces de l’ordre. Certaines des armes issues de cette fabrication ont été retrouvées dans des affaires séparées, renforçant l’inquiétude des autorités face à la prolifération de ces équipements.







