Lors d'une interview accordée à franceinfo, Manon Lefebvre, présidente du Syndicat de la magistrature, exprime ses vives inquiétudes quant aux déclarations du garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Selon elle, le ministre semble peu conscient des réalités que rencontrent les magistrats sur le terrain.
Lors de sa récente prise de parole, Darmanin a affirmé que l'institution judiciaire n'avait pas su protéger Lyhanna, une fillette de 11 ans tragiquement assassinée dans le Gers. Il a notamment déclaré que des manquements dans le suivi des plaintes déposées contre le principal suspect avaient été observés. En réponse, Lefebvre a noté : "C'est vraiment pointer du doigt une responsabilité individuelle pour ne surtout pas évoquer la responsabilité collective et surtout la responsabilité politique".
Des moyens "insuffisants, délétères"
Le ministre a rappelé qu'une circulaire avait été émise pour prioriser les plaintes pour "viols et attouchements sur les enfants". Manon Lefebvre a rétorqué que "la question n'est pas simplement de déclarer que ça doit être fait, il faut également des moyens". Elle a affirmé que les procureurs sont confrontés à des restrictions budgétaires graves, ce qui a des répercussions sur leur capacité à traiter de telles affaires de manière efficace.
Elle a aussi ajouté : "Malgré les demandes d'application de cette circulaire, les procureurs sont malheureusement contraints par des moyens insuffisants, délétères, que nous dénonçons depuis des années". Lefebvre a également jugé inappropriées les insinuations de Darmanin, soulignant que "la réalité du terrain est absolument le contraire" de ses affirmations. Elle a appelé à la prudence et à l'attente des conclusions de l'Inspection générale de la Justice avant de demander toute sanction disciplinaire.







